Il y a des gens qui sont faits l’un pour l’autre…

Les romantiques enragent avec mes propos ! Ils m’en veulent parce que je leur bousille leurs rêves, leur vision toute rose bonbon de la vie ! Voilà pourquoi mon garde du corps me suit désormais partout ! Malgré tout, je prends une grande respiration et je me lance.

Il est faux de croire que certains sont faits l’un pour l’autre. Même si, pour toutes sortes de raisons, on aime bien à le penser. Pourquoi aimons-nous à penser cela ? Peut-être que cette croyance d’être faits l’un pour l’autre ouvre la porte à cette pensée magique de l’amour éternel, exclusif et invincible ? La vérité – moche et plate, chialeront certains – c’est que personne n’est fait pour personne.

Ce n’est pas parce que deux êtres humains partagent certaines affinités – ni même plusieurs – qu’ils sont nécessairement faits l’un pour l’autre, ou pire encore, qu’ils se destineraient l’un à l’autre.

Les êtres humains présentent des caractéristiques multiples. Parmi ces caractéristiques, un grand nombre sont susceptibles de me plaire. Comme personne ne peut posséder toutes les caractéristiques que je recherche, il est de ce fait normal que plusieurs personnes soient susceptibles de correspondre à mes goûts. Le partenaire que je choisirai sera celui qui possédera le plus grand nombre de caractéristiques intéressantes pour moi.

Prétendre que je ne serais destiné qu’à un seul être humain parmi les milliards qui composent cette planète est une croyance qui ne fait aucun sens, vous le voyez bien !



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Un grand amour dure toujours…

Un grand amour dure toujours. Est-ce une vérité ? Est-ce un mensonge ?

Malgré que cette idée soit largement véhiculée et qu’elle plaise à plusieurs – on n’a qu’à penser, entre autres, à ce film qui a fait fureur : The Notebook – l’amour ne peut malheureusement pas durer toujours. De plus, ce n’est pas à la durée d’une relation que l’on peut déterminer l’intensité ou la profondeur de l’amour. Examinons de plus près pourquoi.

L’amour est une émotion, de la même manière que le sont la colère, l’angoisse, le mépris, la jalousie, pour ne nommer que celles-là. Une émotion n’apparaît que lorsque l’idée qui la cause surgit dans notre esprit. Par exemple, si je crois que mon voisin n’avait pas le droit de couper les branches de mon arbre, l’émotion colère montera en moi. Mais aussitôt que je cesserai de penser à mon voisin et à ce qu’il a fait, ma colère diminuera ou pourra même disparaître. De la même manière que l’on ne peut toujours être angoissé ou en colère, on ne peut être continuellement « amoureux ». Voilà pourquoi on dira que le propre d’une émotion, c’est d’être temporaire : on pense à notre amoureux un moment, on n’y pense plus, on y revient plus tard… L’émotion « amour », donc, n’échappe pas à la règle du «temporaire». D’ailleurs, comment pourrait-on vaquer normalement à nos occupations la tête constamment pleine de l’autre ?

Les émotions ne sont pas que temporaires : elles sont également changeantes. Comment cela s’applique-t-il dans le cas de l’émotion « amour » ? J’aime plus ou moins mon partenaire selon les jours, et même selon les heures. Dans une même journée, par exemple, je peux aisément passer de l’amour à la haine et à l’indifférence vis-à-vis mon partenaire. L’amour s’établit en fonction de plusieurs critères, le principal étant que plus mon amoureux répond à mes désirs, plus mon sentiment envers lui sera intense. Mon émotion peut également aller dans le sens inverse : moins mon partenaire satisfait mes désirs, moins je l’aime.

Mettons maintenant en scène nos propos pour mieux illustrer les fluctuations amoureuses. Supposons, par exemple, que nous sommes vendredi soir. Je roule du bureau vers la maison, contente de ma semaine, contente, surtout, d’avoir décroché le poste que je convoitais depuis longtemps. En tournant la poignée de la porte d’entrée, une autre surprise m’attend : mon chum, pour fêter ma promotion, a eu la bonne idée de préparer mon repas préféré, un osso buco ! La soirée s’est passée en buvant, en mangeant, en riant. On a eu du sexe. Ce vendredi soir-là, on peut dire que j’étais folle amoureuse de mon chum, de la vie que je menais. Rien que du bonheur ce jour-là, du gros bonheur.

Samedi, cependant, c’était beaucoup moins jojo. Mon chum et moi, on s’est encore engueulés à propos du ménage. C’est toujours un sujet chaud entre nous : je trouve qu’il ne fait pas sa part. Lui, il me dit qu’il la fait, sa part, mais que je ne dois pas m’attendre à ce qu’il la fasse comme je l’aurais fait : il n’est pas moi ! En tout cas, demandez-moi si je l’aimais, hier, mon chum ? Si j’avais pu, je me serais envolée vers Cuba pendant quelques heures (c’est-à-dire le temps qu’il fasse le ménage !) pour avoir la paix ; pour pouvoir siroter mon sex on the beach sur le bord de la mer et reluquer toute la journée mes voisins de parasols !

***

Et si nous prêtions davantage attention aux mots que l’on utilise ? Quand on croit en cette bêtise qu’« un grand amour dure toujours », cela ne sous-entendrait-il pas l’existence d’un petit amour ? Qu’est-ce qu’un petit amour ? Est-ce un amour qui ne dure pas ?

Si nous prêtions davantage attention aux mots que l’on utilise, nous dirions plutôt : une relation amoureuse peut durer ou ne pas durer en fonction de plusieurs critères, dont une large part est reliée au hasard…



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On ne peut aimer sincèrement deux personnes à la fois…

Au risque de me faire dévisser la tête par les romantiques, j’y vais !

Vous pensez bien que cette croyance, pourtant bien ancrée, est un gros mensonge !

Même si, pour toutes sortes de raisons (culturelles, surtout !), on s’en tiendra normalement à ne vouloir entretenir qu’une seule relation amoureuse avec une seule personne « jusqu’à ce que la mort nous sépare ! », cela n’empêche nullement que l’on puisse aimer sincèrement non seulement deux, mais plusieurs personnes en même temps. Des heures de plaisir, comme dirait Claude !

Love (Two red hearts)Maintenant, n’êtes-vous pas curieux de savoir pourquoi il est possible d’aimer sincèrement plusieurs personnes à la fois? Pour ce, revenons, si vous le permettez, sur ce que j’expliquais déjà dans mon article « Mon âme sœur ou rien… »

On ne le dira jamais assez : l’amour est une émotion. Il naît du degré de correspondance entre nos préférences et les caractéristiques que possède l’autre. Ainsi, plus l’autre compte de caractéristiques qui nous plaisent, plus le sentiment amoureux sera intense ! Voilà pourquoi il est plus juste de dire que j’aime mon (ou ma !) partenaire plus que les autres parce qu’il (ou elle !) possède le plus de caractéristiques qui correspondent à mes goûts !

On comprendra mieux, ainsi, qu’on ne pourra jamais aimer que partiellement son (ou sa !) partenaire et ce, malgré les meilleures intentions du monde. Pourquoi ? Parce que PERSONNE ne peut posséder TOUTES les caractéristiques qui nous plaisent et SEULEMENT elles. Par exemple, j’aime que Louis soit un homme sérieux, mais bon Dieu qu’il m’exaspère quand il met des semaines à peser le pour et le contre avant d’engager telle ou telle dépense !

Aussi, comme l’amour est une émotion, il fluctue. Il est donc impossible d’aimer avec la même intensité la même personne tout le temps. On aime, on aime beaucoup, on aime moins, selon les jours, les heures, les circonstances, les ambiances, selon notre disponibilité, notre santé physique ou émotionnelle, etc.

En résumé, on peut aimer plusieurs personnes à la fois, mais jamais que partiellement et certainement pas pareillement. Ça fait que… quand Laura ne file pas, Justin peut toujours aller…

« Ouen… c’est où qu’il va aller, Justin ? » qu’elle me crie du bout de la salle, enragée noire.

« Justin va aller regarder la partie de hockey chez le grand Longpré, c’t’affaire ! »

Et vous, vous pensiez qu’il allait faire quoi et avec qui, Justin ?

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Les gens qui s’aiment véritablement se disent tout…

Vous l’aurez sans doute deviné : il est faux de croire que les gens qui s’aiment véritablement se disent tout. Aussi faux que de croire à cette autre niaisierie qu’on entend assez souvent, à savoir que ceux qui s’aiment pour de vrai ne se cachent rien ! Pourquoi ?

  • Parce que même si on en avait envie, il est impossible de tout dire à l’autre. Essayez donc pour voir !
  • Plus encore : il se trouve des choses qu’il est préférable de garder pour soi. Les jardins secrets sont définitivement utiles, et ne servent pas tous à cacher des squelettes ou des amants bien en chair dans le placard.

secret_inside_mAllons-y maintenant de quelques brèves explications.

N’est-ce pas sous le couvert de l’amour qu’elles disent porter à leur partenaire que certaines personnes préféreront garder pour elles des informations qui pourraient angoisser inutilement l’autre ?

Par exemple, Frédéric ne voudra peut-être pas inquiéter sa femme, Lydia – qui doit bientôt accoucher – à propos du dernier entretien qu’il a eu avec son patron, lequel l’informait de la mise à pied probable d’une dizaine d’employés, dont lui…

Et que dire de l’utilité du mensonge pieux pour conserver l’harmonie d’un couple ? Imaginez maintenant notre Lydia, cinq mois après son accouchement, se plaignant à Frédéric qu’elle se trouve grosse et moche avec les dix kilos qu’il lui reste encore à perdre suite à sa grossesse : « Mais moi, je les aime bien, tes p’tites bouées de gras ! » n’est certes pas la meilleure des répliques à lui servir, à moins d’aimer vivre dans le danger !

Non seulement tout ce qu’on aurait envie de raconter à l’autre n’est pas utile, mais cela peut s’avérer tout à fait inintéressant : Stéphanie, qui n’aime pas du tout le hockey, se fout éperdument que les Bruins se soient inclinés devant les Canadiens au cours de la partie d’hier soir. Ce n’est donc pas avec elle que Guillaume partagera son enthousiasme à l’idée de ramener la Coupe Stanley à Montréal cette année.

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Les gens qui s'aiment véritablement se disent tout…

Vous l’aurez sans doute deviné : il est faux de croire que les gens qui s’aiment véritablement se disent tout. Aussi faux que de croire à cette autre niaisierie qu’on entend assez souvent, à savoir que ceux qui s’aiment pour de vrai ne se cachent rien ! Pourquoi ?

  • Parce que même si on en avait envie, il est impossible de tout dire à l’autre. Essayez donc pour voir !
  • Plus encore : il se trouve des choses qu’il est préférable de garder pour soi. Les jardins secrets sont définitivement utiles, et ne servent pas tous à cacher des squelettes ou des amants bien en chair dans le placard.

secret_inside_mAllons-y maintenant de quelques brèves explications.

N’est-ce pas sous le couvert de l’amour qu’elles disent porter à leur partenaire que certaines personnes préféreront garder pour elles des informations qui pourraient angoisser inutilement l’autre ?

Par exemple, Frédéric ne voudra peut-être pas inquiéter sa femme, Lydia – qui doit bientôt accoucher – à propos du dernier entretien qu’il a eu avec son patron, lequel l’informait de la mise à pied probable d’une dizaine d’employés, dont lui…

Et que dire de l’utilité du mensonge pieux pour conserver l’harmonie d’un couple ? Imaginez maintenant notre Lydia, cinq mois après son accouchement, se plaignant à Frédéric qu’elle se trouve grosse et moche avec les dix kilos qu’il lui reste encore à perdre suite à sa grossesse : « Mais moi, je les aime bien, tes p’tites bouées de gras ! » n’est certes pas la meilleure des répliques à lui servir, à moins d’aimer vivre dans le danger !

Non seulement tout ce qu’on aurait envie de raconter à l’autre n’est pas utile, mais cela peut s’avérer tout à fait inintéressant : Stéphanie, qui n’aime pas du tout le hockey, se fout éperdument que les Bruins se soient inclinés devant les Canadiens au cours de la partie d’hier soir. Ce n’est donc pas avec elle que Guillaume partagera son enthousiasme à l’idée de ramener la Coupe Stanley à Montréal cette année.

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Le bonheur, c’est dans la tête !

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Plusieurs croient que les émotions qu’ils vivent sont causées par les événements qui surviennent au cours de leur existence. Comment expliquer, dans ce cas, que tous les êtres humains ne réagissent pas de la même manière et avec la même intensité face aux mêmes événements ?

Prenons, par exemple, la mort subite de madame Providence, qui laisse dans le deuil, entre autres, ses trois filles : Julia, Marianne et Corinne, de même que son mari : Christian Jolicœur.

Allons-y dans l’ordre avec notre démonstration.

L’aînée, Julia, s’est littéralement écroulée à l’annonce de la mort de sa mère. Inconsolable, elle a vécu cet événement, pourtant tout naturel, très difficilement.

Comme si son passé était tout à coup devenu une espèce de paradis perdu, elle passait des heures  à se vautrer dans la réminiscence et dans les boîtes de kleenex, que son mari, s’il avait pu, aurait bien fait venir par container de la Chine.

Éventuellement, Julia a dû prendre congé du bureau pour soigner sa dépression majeure, sur les conseils de son médecin traitant.

Aujourd’hui encore, elle prend des antidépresseurs, et consulte un pseudo-aidant une fois par semaine, parfois deux.

La pauvre devrait peut-être s’en remettre dans une vingtaine d’années, le temps que son charlatan ait accumulé assez d’argent dans sa caisse de retraite pour pouvoir mettre la clé dans la porte de sa place d’affaires. En tout cas…

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Le bonheur, c'est dans la tête !

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Plusieurs croient que les émotions qu’ils vivent sont causées par les événements qui surviennent au cours de leur existence. Comment expliquer, dans ce cas, que tous les êtres humains ne réagissent pas de la même manière et avec la même intensité face aux mêmes événements ?

Prenons, par exemple, la mort subite de madame Providence, qui laisse dans le deuil, entre autres, ses trois filles : Julia, Marianne et Corinne, de même que son mari : Christian Jolicœur.

Allons-y dans l’ordre avec notre démonstration.

L’aînée, Julia, s’est littéralement écroulée à l’annonce de la mort de sa mère. Inconsolable, elle a vécu cet événement, pourtant tout naturel, très difficilement.

Comme si son passé était tout à coup devenu une espèce de paradis perdu, elle passait des heures  à se vautrer dans la réminiscence et dans les boîtes de kleenex, que son mari, s’il avait pu, aurait bien fait venir par container de la Chine.

Éventuellement, Julia a dû prendre congé du bureau pour soigner sa dépression majeure, sur les conseils de son médecin traitant.

Aujourd’hui encore, elle prend des antidépresseurs, et consulte un pseudo-aidant une fois par semaine, parfois deux.

La pauvre devrait peut-être s’en remettre dans une vingtaine d’années, le temps que son charlatan ait accumulé assez d’argent dans sa caisse de retraite pour pouvoir mettre la clé dans la porte de sa place d’affaires. En tout cas…

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