Si Hope Barclay le dit !

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— Salut, ma pitounette, lance Hope à l’autre bout du fil, j’arrive dans trente minutes. Tu vas tenir le coup ?

— Comment ça, « j’arrive dans trente minutes » ? T’es pas à Saint-Lazare en train de clouer tes deux par quatre ou de mettre ton plancher à l’équerre ?

— J’y étais ce matin, mais j’ai dû revenir en ville pour remplacer Michela pendant quelques heures au bar. Je lui en devais une. Ça a bien tombé, finalement, parce que ça me permet d’être avec toi, en ce moment difficile.

— Tu t’en fais trop pour moi, Hope.

— Si t’espères que je vais te laisser toute seule, tu te trompes. Je te connais comme si je t’avais tricotée serré : tu vas t’en retourner, désespérée, dans les bras de Philippe Dugal dès demain matin, après la nuit blanche que tu vas passer à te morfondre sur ce que tu aurais dû faire et que t’as pas fait ou ce que t’as pas fait et que tu aurais dû faire. Ça fait trois fois que vous vous laissez et que vous vous raccommodez, mais depuis quand un élastique tendu redevient-il comme un neuf, dis-moi ? C’est rendu une vraie maladie, votre affaire. Tu peux compter sur moi pour t’empêcher de gâcher une journée de plus de ton existence dans cette relation néfaste et je dirais même plus : débilitante.

— Mais…

— Y a pas de « mais », je m’en viens, avec des munitions et des surprises.

Vous aimez cet extrait tiré du premier tome de Ma Mercedes contre un tracteur ? Envie d’en lire plus ? Contactez l’auteure pour recevoir un exemplaire dédicacé à votre domicile ou ailleurs.

 

Me faire avorter ou non ?

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Il arrive parfois que la vie nous amène à devoir prendre des décisions graves ; des décisions qui ne plairont pas à notre entourage. Sur quels critères peut-on s’appuyer pour y parvenir ?

Pour en savoir davantage, je vous invite à visionner notre dernière capsule : «Je suis enceinte d’un trisomique… Qu’est-ce que je fais ?» sur Les Repères de Languirand.

De mère en fille…

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Ce n’est pas toujours (sinon jamais !) facile d’être parents ! Qu’est-ce qu’on fait quand notre fille de 14 ans (chose !) nous apprend qu’elle est enceinte… et qu’elle ne veut pas se faire avorter ?

Suivez-nous sur Les Repères de Languirand, où nous vous offrons quelques pistes de solution dans notre dernière capsule webtélé !

Angoisse, quand tu nous tiens…

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On conjuge souvent«angoisse» avec «amour». En d’autres mots, on mesurerait la force de notre amour au degré d’inquiétdue que l’on porte à ceux que l’on aime : plus j’aime une personne, plus je m’inquiète pour elle ! Mon fils prend la route alors qu’il neige, je me ronge les ongles. Ma fille passe son examen d’admission pour l’université, je m’empiffre. Mon chum s’en va à la chasse : et s’il se faisait tirer ? Mon fils est gros, j’ai peur qu’on se moque de lui, qu’il devienne malade, etc. Vous reconnaissez-vous ?

Je vous invite à visionner notre nouvelle capsule Mon enfant est gros et je n’y peux rien ! sur Les Repères de Languirand.

J’aurais dû, donc dû, bien dû…

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J’aurais dû, donc dû, bien dû… », ça vous dit quelque chose ?

La culpabilité est une émotion désagréable, qui émerge quand on entretient la croyance – ou l’idée – que :

  • je ne devrais pas faire ce que je suis en train de faire (par exemple : je ne devrais pas faire des beaux yeux à Tiffany alors que je sors avec Julianne) ; ou
  • je devrais être en train de faire ce que je ne fais pas (par exemple : je devrais donc la demander, cette augmentation de salaire !) [1]

L’idée qui cause la culpabilité peut aussi se manifester quand je repense à un geste que j’ai déjà posé – qui concerne donc un événement passé –, et que je me dis que :

  • je n’aurais pas dû faire ce que j’ai fait ; ou
  • j’aurais dû faire ce que je n’ai pas fait

Enfin, pour ceux qui n’auraient pas assez du présent ou du passé pour se torturer, sachez que l’idée qui cause la culpabilité peut également surgir quand on se projette dans le futur, et qu’on se dit des affaires comme :

  • je crois que je vais m’acheter un paquet de cigarettes en sortant du bureau, mais je ne devrais pas le faire ; ou
  • je ne crois pas que j’irai m’entraîner aujourd’hui, mais je devrais y aller

Bon. Arrêtons-nous ici, avant que je m’entortille dans le fil de mes explications ! Ce qu’il est important de retenir c’est que, peu importe que l’on conjugue le verbe devoir ou son pendant, falloir, au présent, au passé ou au futur, l’entreprise est la même. Elle consiste à se faire du sang d’encre en entretenant cette croyance que nos comportements – ou nos actes – pourraient être autres que ce qu’ils sont, que ce qu’ils ont été ou que ce qu’ils seront.

En passant, ne trouvez-vous pas que les humains rongés par la culpabilité sont généralement bien vus – mieux vus que les colériques, dans tous les cas ? Comme si le fait d’être habité par la culpabilité constituerait une preuve sinon que ces personnes ont du cœur, qu’elles ont à cœur de « bien » se comporter, de « bien » faire ? Il semble que Jésus-Christ Notre Seigneur a encore la mainmise sur son troupeau ! En tout cas…

Pour vous démontrer l’inanité des croyances qui font naître la culpabilité, je vous invite à faire un petit détour par une autre émotion passablement accablante, et reconnue pour faire des ravages : l’hostilité, aussi appelée colère, agressivité, fureur, etc.

Au contraire de la culpabilité, qui est dirigée vers soi, l’hostilité est dirigée vers l’autre. Voilà pourquoi, bien que cette émotion se classe parmi les émotions désagréables, son expression peut soulager – du moins temporairement – la personne qui en est habitée. Et ce qui soulage la personne en colère, c’est l’idée, d’une part, de se penser supérieure à ses pairs et, d’autre part, de se croire  investie d’un quelconque pouvoir. Le fait que ceux qui subissent les foudres se plient aux assauts et se soumettent aux caprices du colérique renforce le sentiment de supériorité qu’il réclame.

Ainsi, l’hostilité se manifeste quand on entretient la croyance – ou l’idée – que :

  • l’autre ne devrait pas faire ce qu’il fait (elle n’aurait jamais dû aller raconter le secret que je lui avais confié) ; ou
  • l’autre devrait faire ce qu’il ne fait pas (mon twit de patron devrait me donner une augmentation de salaire, sans que je ne la lui demande, même !)

Comme la culpabilité, l’hostilité peut être ressentie en repensant à un événement passé :

  • l’autre  n’aurait pas dû faire ce qu’il/elle a fait ; ou
  • l’autre aurait dû faire ce qu’il/elle n’a pas fait

Ou même un événement qui n’a pas encore eu lieu :

  • je crois qu’il va aller au 5 à 7 avec sa nouvelle collègue, mais il (l’autre) ne devrait pas agir de la sorte ; ou
  • je ne crois pas qu’elle fasse sa chambre comme elle me l’a promis, mais il vaudrait mieux qu’elle (l’autre) la fasse !

On peut observer que la culpabilité et l’hostilité sont proches parentes, en ce que ce sont les mêmes idées qui les déclenchent. C’est ainsi que la culpabilité surgit chaque fois que l’on proclame une loi et qu’on ne la respecte pas. Et que l’hostilité, elle, se manifeste chaque fois que l’on proclame une loi et que l’autre ne la respecte pas, que cet autre soit un humain, un animal ou une chose. Mais quelles sont donc ces lois ?

Elles se divisent en deux catégories : humaines et naturelles.

Parmi les lois proclamées par les humains, se trouve les lois civiles, internationales, nationales, provinciales, municipales, le code civil, les règlements divers, etc. On compte également les lois personnelles : une « bonne » mère agit de telle manière. Un enfant doit écouter ses parents. Les voleurs, c’est en prison qu’ils vont ! Ces lois sont dictées par notre éducation, nos valeurs, nos croyances, notre milieu, etc.

La seconde catégorie de lois, qui concerne les lois naturelles, englobent des lois qui sont universelles et indépendantes de notre volonté ou de nos opinions, notamment. Par exemple, dans l’ordre physique de ce monde, à Rio comme à Oslo, l’eau gèle à 0 °C et bout à 100 °C. De façon régulière, la marée monte et descend. Le printemps suit l’hiver. Autant de lois qu’on ne peut enfreindre, et contre lesquelles on aura beau tempêter sans qu’elles ne changent d’un iota. Dans les lois naturelles sont incluses les lois qui s’appliquent au fonctionnement des humains. Ce sont, entre autres, les lois psychologiques. Un enfant ne pourra pas, par exemple, apprendre à parler mandarin si personne ne parle cette langue dans son entourage. Ce sont aussi les lois qui concernent le développement moteur : normalement, un enfant apprend à marcher entre l’âge de douze et dix-huit mois. Il s’en trouve d’autres, bien sûr, de ces lois, comme celles qui touchent le processus de vieillissement de l’humain – ou de tout ce qui fait partie du monde des vivants.

Ce qu’il est surtout intéressant de remarquer,  ici, c’est que les lois proclamées par les humains ne s’appliquent que quand les humains consentent à les observer, puisque la nature ne leur interdit rien – la nature m’interdit-elle de dévaliser une banque ? Tandis que les lois naturelles s’appliquent toujours automatiquement : je dois me plier à cette loi (ou à cette réalité « naturelle ») qu’en janvier, on gèle à Montréal, et que si je ne me couvre pas, je risque de souffrir d’engelures. On peut donc conclure que les seules lois auxquelles l’humain est  obligatoirement tenu de se conformer sont les lois naturelles.

Suivant ces dernières constatations, je vous pose  la question qui tue : expliquez-moi pourquoi il ne nous viendra pas en tête de nous insurger contre le fait que le soleil se lève à l’Est et se couche à l’Ouest, alors qu’on serait prêt à péter les dentiers de notre voisin parce qu’il a commis, selon nous, un acte qu’il n’aurait pas dû commettre ? Piétiner nos plates-bandes, mettons…

S’il est immuable que le soleil se lève à l’Est et se couche à l’Ouest, il est également immuable que tout humain normalement constitué cherchera, en toutes occasions, son avantage. Ce qui peut malheureusement (ou heureusement, c’est selon !) aller à l’encontre de nos propres intérêts. Vous aurez beau tempêter : il ne viendra pas le jour où les autres ne feront que ce qui nous convient, et s’abstiendront, par le fait même, de nous emmerder ou de nous frustrer. Voilà pour l’hostilité.

Maintenant, pour revenir à la culpabilité, c’est vous éviter bien des tourments inutiles que de vous répéter que ce qui arrive doit arriver : on fait toujours ce que l’on doit faire, et seulement ça. Avez-vous déjà essayé de tourner à gauche en même temps qu’à droite ? Il peut être utile, cependant, de reconnaître qu’on aurait pu faire mieux, et trouver à s’améliorer la fois suivante. Ce qui est de loin moins torturant que de se faire du mouron ou de ruminer…

Mon chum, à qui je me plaignais un jour de ne pas avoir pris la bonne décision, me rétorqua ceci : « Sophie, imagine qu’on est vendredi soir. Imagine que c’est la canicule, et que tu es perdue dans Manhattan, alors que t’as un rendez-vous avec un client important. Tu es anxieuse et impatiente. À une intersection, tu as le choix de tourner à gauche ou à droite. Tu prends la droite, sans raison autre que celle qu’il te faut avancer: ça klaxonne de tout bord tout côté ! Mais tu tournes en rond. Et quand tu trouves enfin la place, ton client ne t’y attend plus. Tu t’en veux. Tu me téléphones en larmes : « Ce que je suis conne : si j’avais tourné à gauche, aussi !» Explique-moi comment, Sophie, tu aurais pu savoir ça ? Tu étais perdue ! Ben la vie, c’est comme ça : on ne sait jamais vraiment où on s’en va. On tourne à gauche, à droite. Des fois, c’est le bon chemin. Des fois, ça ne l’est pas. »

«Des fois», je l’aime donc, mon chum !


[1] On peut aussi utiliser le verbe falloir. Ce qui donnerait, par exemple : il n’aurait pas fallu que je fasse ce que j’ai fait
 

J'aurais dû, donc dû, bien dû…

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J’aurais dû, donc dû, bien dû… », ça vous dit quelque chose ?

La culpabilité est une émotion désagréable, qui émerge quand on entretient la croyance – ou l’idée – que :

  • je ne devrais pas faire ce que je suis en train de faire (par exemple : je ne devrais pas faire des beaux yeux à Tiffany alors que je sors avec Julianne) ; ou
  • je devrais être en train de faire ce que je ne fais pas (par exemple : je devrais donc la demander, cette augmentation de salaire !) [1]

L’idée qui cause la culpabilité peut aussi se manifester quand je repense à un geste que j’ai déjà posé – qui concerne donc un événement passé –, et que je me dis que :

  • je n’aurais pas dû faire ce que j’ai fait ; ou
  • j’aurais dû faire ce que je n’ai pas fait

Enfin, pour ceux qui n’auraient pas assez du présent ou du passé pour se torturer, sachez que l’idée qui cause la culpabilité peut également surgir quand on se projette dans le futur, et qu’on se dit des affaires comme :

  • je crois que je vais m’acheter un paquet de cigarettes en sortant du bureau, mais je ne devrais pas le faire ; ou
  • je ne crois pas que j’irai m’entraîner aujourd’hui, mais je devrais y aller

Bon. Arrêtons-nous ici, avant que je m’entortille dans le fil de mes explications ! Ce qu’il est important de retenir c’est que, peu importe que l’on conjugue le verbe devoir ou son pendant, falloir, au présent, au passé ou au futur, l’entreprise est la même. Elle consiste à se faire du sang d’encre en entretenant cette croyance que nos comportements – ou nos actes – pourraient être autres que ce qu’ils sont, que ce qu’ils ont été ou que ce qu’ils seront.

En passant, ne trouvez-vous pas que les humains rongés par la culpabilité sont généralement bien vus – mieux vus que les colériques, dans tous les cas ? Comme si le fait d’être habité par la culpabilité constituerait une preuve sinon que ces personnes ont du cœur, qu’elles ont à cœur de « bien » se comporter, de « bien » faire ? Il semble que Jésus-Christ Notre Seigneur a encore la mainmise sur son troupeau ! En tout cas…

Pour vous démontrer l’inanité des croyances qui font naître la culpabilité, je vous invite à faire un petit détour par une autre émotion passablement accablante, et reconnue pour faire des ravages : l’hostilité, aussi appelée colère, agressivité, fureur, etc.

Au contraire de la culpabilité, qui est dirigée vers soi, l’hostilité est dirigée vers l’autre. Voilà pourquoi, bien que cette émotion se classe parmi les émotions désagréables, son expression peut soulager – du moins temporairement – la personne qui en est habitée. Et ce qui soulage la personne en colère, c’est l’idée, d’une part, de se penser supérieure à ses pairs et, d’autre part, de se croire  investie d’un quelconque pouvoir. Le fait que ceux qui subissent les foudres se plient aux assauts et se soumettent aux caprices du colérique renforce le sentiment de supériorité qu’il réclame.

Ainsi, l’hostilité se manifeste quand on entretient la croyance – ou l’idée – que :

  • l’autre ne devrait pas faire ce qu’il fait (elle n’aurait jamais dû aller raconter le secret que je lui avais confié) ; ou
  • l’autre devrait faire ce qu’il ne fait pas (mon twit de patron devrait me donner une augmentation de salaire, sans que je ne la lui demande, même !)

Comme la culpabilité, l’hostilité peut être ressentie en repensant à un événement passé :

  • l’autre  n’aurait pas dû faire ce qu’il/elle a fait ; ou
  • l’autre aurait dû faire ce qu’il/elle n’a pas fait

Ou même un événement qui n’a pas encore eu lieu :

  • je crois qu’il va aller au 5 à 7 avec sa nouvelle collègue, mais il (l’autre) ne devrait pas agir de la sorte ; ou
  • je ne crois pas qu’elle fasse sa chambre comme elle me l’a promis, mais il vaudrait mieux qu’elle (l’autre) la fasse !

On peut observer que la culpabilité et l’hostilité sont proches parentes, en ce que ce sont les mêmes idées qui les déclenchent. C’est ainsi que la culpabilité surgit chaque fois que l’on proclame une loi et qu’on ne la respecte pas. Et que l’hostilité, elle, se manifeste chaque fois que l’on proclame une loi et que l’autre ne la respecte pas, que cet autre soit un humain, un animal ou une chose. Mais quelles sont donc ces lois ?

Elles se divisent en deux catégories : humaines et naturelles.

Parmi les lois proclamées par les humains, se trouve les lois civiles, internationales, nationales, provinciales, municipales, le code civil, les règlements divers, etc. On compte également les lois personnelles : une « bonne » mère agit de telle manière. Un enfant doit écouter ses parents. Les voleurs, c’est en prison qu’ils vont ! Ces lois sont dictées par notre éducation, nos valeurs, nos croyances, notre milieu, etc.

La seconde catégorie de lois, qui concerne les lois naturelles, englobent des lois qui sont universelles et indépendantes de notre volonté ou de nos opinions, notamment. Par exemple, dans l’ordre physique de ce monde, à Rio comme à Oslo, l’eau gèle à 0 °C et bout à 100 °C. De façon régulière, la marée monte et descend. Le printemps suit l’hiver. Autant de lois qu’on ne peut enfreindre, et contre lesquelles on aura beau tempêter sans qu’elles ne changent d’un iota. Dans les lois naturelles sont incluses les lois qui s’appliquent au fonctionnement des humains. Ce sont, entre autres, les lois psychologiques. Un enfant ne pourra pas, par exemple, apprendre à parler mandarin si personne ne parle cette langue dans son entourage. Ce sont aussi les lois qui concernent le développement moteur : normalement, un enfant apprend à marcher entre l’âge de douze et dix-huit mois. Il s’en trouve d’autres, bien sûr, de ces lois, comme celles qui touchent le processus de vieillissement de l’humain – ou de tout ce qui fait partie du monde des vivants.

Ce qu’il est surtout intéressant de remarquer,  ici, c’est que les lois proclamées par les humains ne s’appliquent que quand les humains consentent à les observer, puisque la nature ne leur interdit rien – la nature m’interdit-elle de dévaliser une banque ? Tandis que les lois naturelles s’appliquent toujours automatiquement : je dois me plier à cette loi (ou à cette réalité « naturelle ») qu’en janvier, on gèle à Montréal, et que si je ne me couvre pas, je risque de souffrir d’engelures. On peut donc conclure que les seules lois auxquelles l’humain est  obligatoirement tenu de se conformer sont les lois naturelles.

Suivant ces dernières constatations, je vous pose  la question qui tue : expliquez-moi pourquoi il ne nous viendra pas en tête de nous insurger contre le fait que le soleil se lève à l’Est et se couche à l’Ouest, alors qu’on serait prêt à péter les dentiers de notre voisin parce qu’il a commis, selon nous, un acte qu’il n’aurait pas dû commettre ? Piétiner nos plates-bandes, mettons…

S’il est immuable que le soleil se lève à l’Est et se couche à l’Ouest, il est également immuable que tout humain normalement constitué cherchera, en toutes occasions, son avantage. Ce qui peut malheureusement (ou heureusement, c’est selon !) aller à l’encontre de nos propres intérêts. Vous aurez beau tempêter : il ne viendra pas le jour où les autres ne feront que ce qui nous convient, et s’abstiendront, par le fait même, de nous emmerder ou de nous frustrer. Voilà pour l’hostilité.

Maintenant, pour revenir à la culpabilité, c’est vous éviter bien des tourments inutiles que de vous répéter que ce qui arrive doit arriver : on fait toujours ce que l’on doit faire, et seulement ça. Avez-vous déjà essayé de tourner à gauche en même temps qu’à droite ? Il peut être utile, cependant, de reconnaître qu’on aurait pu faire mieux, et trouver à s’améliorer la fois suivante. Ce qui est de loin moins torturant que de se faire du mouron ou de ruminer…

Mon chum, à qui je me plaignais un jour de ne pas avoir pris la bonne décision, me rétorqua ceci : « Sophie, imagine qu’on est vendredi soir. Imagine que c’est la canicule, et que tu es perdue dans Manhattan, alors que t’as un rendez-vous avec un client important. Tu es anxieuse et impatiente. À une intersection, tu as le choix de tourner à gauche ou à droite. Tu prends la droite, sans raison autre que celle qu’il te faut avancer: ça klaxonne de tout bord tout côté ! Mais tu tournes en rond. Et quand tu trouves enfin la place, ton client ne t’y attend plus. Tu t’en veux. Tu me téléphones en larmes : « Ce que je suis conne : si j’avais tourné à gauche, aussi !» Explique-moi comment, Sophie, tu aurais pu savoir ça ? Tu étais perdue ! Ben la vie, c’est comme ça : on ne sait jamais vraiment où on s’en va. On tourne à gauche, à droite. Des fois, c’est le bon chemin. Des fois, ça ne l’est pas. »

«Des fois», je l’aime donc, mon chum !


[1] On peut aussi utiliser le verbe falloir. Ce qui donnerait, par exemple : il n’aurait pas fallu que je fasse ce que j’ai fait
 

22 conseils faciles à suivre pour vous gâcher l’existence !

Vous voulez passer du côté obscur de l’existence, mais ne savez trop comment ? Ne cherchez plus : j’ai dressé pour vous une liste de vingt-deux conseils triés sur le volet, et reconnus pour leur efficacité redoutable.

Parmi ces précieux enseignements, choisissez ceux qui vous interpellent le plus – un ou deux devraient suffire, si vous vous appliquez à bien les intégrer dans votre quotidien.

Comme cette liste n’est pas exhaustive, je vous invite à me proposer des ajouts : votre expérience du glauque pourrait en inspirer d’autres. Notez que mes conseils ne suivent aucun ordre spécifique.

  1. Répétez-vous que vous êtes une personne spéciale et qu’à ce titre, vous méritez tout.
  2. C’est encore à titre de personne spéciale que la vie vous a doté d’une sensibilité hors du commun. Voilà pourquoi ce qui pourrait passer pour un événement anodin pour l’un (surtout pour les membres du Club des sans-cœurs ![1]) constitue, pour vous, une catastrophe. Appliquez-vous donc à vivre intensément votre tristesse, apitoyez-vous sur votre sort, pleurez longtemps et tout votre saoul, de sorte d’obtenir votre adhésion à vie plus deux ans dans le prestigieux Club des bons. Vous le méritez bien !
  3. Entretenez cette idée que vous avez absolument besoin de l’approbation et de l’amour des autres pour vivre. Surtout, prenez l’habitude de vous faire du sang d’encre quand ce que vous êtes ou faites ne plaît pas à tout le monde, sans exception.
  4. Rentrez-vous profondément dans le crâne que si vous travaillez fort, vous réussirez hors de tout doute – l’échec sera d’autant plus cuisant.
  5. Si tous les humains étaient comme vous, le monde serait meilleur. Vous n’avez donc plus une seconde à perdre pour commencer à semer à tous vents votre précieux savoir.
  6. Dressez une liste de tous les malheurs qui se sont abattus sur vous au cours de votre existence. Trainez-la toujours avec vous, de sorte de pouvoir la bonifier en tout temps. Au besoin, exagérez un événement, afin qu’il puisse trouver sa place parmi vos autres coups durs, l’objectif ultime étant, vous vous en doutez bien, d’avoir un tas d’alibis en mains pour prouver aux autres que vous avez un tas de raisons de macérer dans le malheur.
  7. Croyez très fort que, sur les six milliards d’humains qui peuplent cette planète, personne ne peut être meilleur que vous ! You are the one and only !
  8. Passez le plus d’années possibles à ressasser le passé. Entretenez cette idée bien répandue que votre malheur est causé par les autres : votre père, votre mère, votre boss, la récession, Sylvie, le chien de votre voisin, l’hiver ou le hamster de votre petit dernier.
  9. Continuez de croire que ceux qui connaissent le bonheur, c’est parce qu’ils n’ont jamais connu de coups durs ou de périodes creuses… Répétez-vous intérieurement cette petite phrase assassine : « On l’sait ben… eux autres ! »
  10. Ne vous comparez qu’à ceux qui vous semblent mieux que vous. Ne pensez ô grand jamais que vous pouvez vous considérez chanceux de ne pas souffrir d’une maladie ou d’un handicap graves.
  11. Clamez sur tous les toits que vous faites du bénévolat pour aider vos pairs, et non pour vous faire plaisir.
  12. Répétez inlassablement à vos enfants tous les sacrifices que vous faites pour eux.
  13. Répétez-vous que si vous aviez eu les bons parents, vous auriez eu la bonne éducation, vous auriez trouvé la bonne job, le bon chum (qui vous aurait donné les bons enfants), l’affaire aurait été, comme on dit, ketchup ! Tout part de l’enfance… cette idée doit être coulée comme du béton dans votre cervelle.
  14. Sachez que tout ce qui s’est joué avant six ans est irrémédiable – par exemple, cela pourrait être à cause de votre mère, qui vous a mis sur le petit pot dès l’âge de douze mois, que votre époux vous a quittée.
  15. Le plus tôt possible au cours de votre existence, ne tolérez aucun échec. Dites non aux erreurs de parcours et encore plus aux errances. 
  16. Dans le but d’augmenter votre frustration, ponctuez vos monologues ou vos conversations de ce tout petit mot en apparence insignifiant, le « si » : si j’avais un char, si seulement j’avais le bon boss, si ma maison était payée, si je pouvais donc voyager, si mes enfants réussissaient mieux à l’école, si si si…
  17. Vos objectifs doivent être difficiles à atteindre, voire presque impossibles. Rêvez, par exemple, de devenir premier ministre, encore que…  quelqu’un pourrait-il me suggérer une position plus difficile à décrocher que celle-là ?
  18. Adhérez fermement à cette croyance que les émotions sont causées par les événements de votre existence et, surtout, ne ratez pas votre chance d’ajouter la puissance dix à votre malheur en exploitant au maximum chaque coup dur.
  19. En amour, ne recherchez que des partenaires qui ne courent pas les rues, comme une femme aux cheveux auburn, aux yeux bleus, à la taille fine, intelligente, allumée, loquace…
  20. Ponctuez votre discours de tous les jours avec des « il faut », « je devrais », « tu aurais dû », « il n’avait pas le droit » ; « tout », « rien », « jamais », « toujours », « oui, mais »…
  21. Lisez et relisez Le Secret et autres bouquins de sornettes qui vous racontent qu’il vous suffit de réclamer le bonheur, bien callé dans votre sofa, pour qu’il advienne.
  22. Rappelez-vous que la vie est courte : ne ratez surtout pas votre chance de la gâcher, en prenant bien soin d’en écorchez quelques uns au passage.




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[1] Lire mon article : « Une tête sans cœur ou un cœur sans tête ! »

22 conseils faciles à suivre pour vous gâcher l'existence !

Vous voulez passer du côté obscur de l’existence, mais ne savez trop comment ? Ne cherchez plus : j’ai dressé pour vous une liste de vingt-deux conseils triés sur le volet, et reconnus pour leur efficacité redoutable.

Parmi ces précieux enseignements, choisissez ceux qui vous interpellent le plus – un ou deux devraient suffire, si vous vous appliquez à bien les intégrer dans votre quotidien.

Comme cette liste n’est pas exhaustive, je vous invite à me proposer des ajouts : votre expérience du glauque pourrait en inspirer d’autres. Notez que mes conseils ne suivent aucun ordre spécifique.

  1. Répétez-vous que vous êtes une personne spéciale et qu’à ce titre, vous méritez tout.
  2. C’est encore à titre de personne spéciale que la vie vous a doté d’une sensibilité hors du commun. Voilà pourquoi ce qui pourrait passer pour un événement anodin pour l’un (surtout pour les membres du Club des sans-cœurs ![1]) constitue, pour vous, une catastrophe. Appliquez-vous donc à vivre intensément votre tristesse, apitoyez-vous sur votre sort, pleurez longtemps et tout votre saoul, de sorte d’obtenir votre adhésion à vie plus deux ans dans le prestigieux Club des bons. Vous le méritez bien !
  3. Entretenez cette idée que vous avez absolument besoin de l’approbation et de l’amour des autres pour vivre. Surtout, prenez l’habitude de vous faire du sang d’encre quand ce que vous êtes ou faites ne plaît pas à tout le monde, sans exception.
  4. Rentrez-vous profondément dans le crâne que si vous travaillez fort, vous réussirez hors de tout doute – l’échec sera d’autant plus cuisant.
  5. Si tous les humains étaient comme vous, le monde serait meilleur. Vous n’avez donc plus une seconde à perdre pour commencer à semer à tous vents votre précieux savoir.
  6. Dressez une liste de tous les malheurs qui se sont abattus sur vous au cours de votre existence. Trainez-la toujours avec vous, de sorte de pouvoir la bonifier en tout temps. Au besoin, exagérez un événement, afin qu’il puisse trouver sa place parmi vos autres coups durs, l’objectif ultime étant, vous vous en doutez bien, d’avoir un tas d’alibis en mains pour prouver aux autres que vous avez un tas de raisons de macérer dans le malheur.
  7. Croyez très fort que, sur les six milliards d’humains qui peuplent cette planète, personne ne peut être meilleur que vous ! You are the one and only !
  8. Passez le plus d’années possibles à ressasser le passé. Entretenez cette idée bien répandue que votre malheur est causé par les autres : votre père, votre mère, votre boss, la récession, Sylvie, le chien de votre voisin, l’hiver ou le hamster de votre petit dernier.
  9. Continuez de croire que ceux qui connaissent le bonheur, c’est parce qu’ils n’ont jamais connu de coups durs ou de périodes creuses… Répétez-vous intérieurement cette petite phrase assassine : « On l’sait ben… eux autres ! »
  10. Ne vous comparez qu’à ceux qui vous semblent mieux que vous. Ne pensez ô grand jamais que vous pouvez vous considérez chanceux de ne pas souffrir d’une maladie ou d’un handicap graves.
  11. Clamez sur tous les toits que vous faites du bénévolat pour aider vos pairs, et non pour vous faire plaisir.
  12. Répétez inlassablement à vos enfants tous les sacrifices que vous faites pour eux.
  13. Répétez-vous que si vous aviez eu les bons parents, vous auriez eu la bonne éducation, vous auriez trouvé la bonne job, le bon chum (qui vous aurait donné les bons enfants), l’affaire aurait été, comme on dit, ketchup ! Tout part de l’enfance… cette idée doit être coulée comme du béton dans votre cervelle.
  14. Sachez que tout ce qui s’est joué avant six ans est irrémédiable – par exemple, cela pourrait être à cause de votre mère, qui vous a mis sur le petit pot dès l’âge de douze mois, que votre époux vous a quittée.
  15. Le plus tôt possible au cours de votre existence, ne tolérez aucun échec. Dites non aux erreurs de parcours et encore plus aux errances. 
  16. Dans le but d’augmenter votre frustration, ponctuez vos monologues ou vos conversations de ce tout petit mot en apparence insignifiant, le « si » : si j’avais un char, si seulement j’avais le bon boss, si ma maison était payée, si je pouvais donc voyager, si mes enfants réussissaient mieux à l’école, si si si…
  17. Vos objectifs doivent être difficiles à atteindre, voire presque impossibles. Rêvez, par exemple, de devenir premier ministre, encore que…  quelqu’un pourrait-il me suggérer une position plus difficile à décrocher que celle-là ?
  18. Adhérez fermement à cette croyance que les émotions sont causées par les événements de votre existence et, surtout, ne ratez pas votre chance d’ajouter la puissance dix à votre malheur en exploitant au maximum chaque coup dur.
  19. En amour, ne recherchez que des partenaires qui ne courent pas les rues, comme une femme aux cheveux auburn, aux yeux bleus, à la taille fine, intelligente, allumée, loquace…
  20. Ponctuez votre discours de tous les jours avec des « il faut », « je devrais », « tu aurais dû », « il n’avait pas le droit » ; « tout », « rien », « jamais », « toujours », « oui, mais »…
  21. Lisez et relisez Le Secret et autres bouquins de sornettes qui vous racontent qu’il vous suffit de réclamer le bonheur, bien callé dans votre sofa, pour qu’il advienne.
  22. Rappelez-vous que la vie est courte : ne ratez surtout pas votre chance de la gâcher, en prenant bien soin d’en écorchez quelques uns au passage.




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[1] Lire mon article : « Une tête sans cœur ou un cœur sans tête ! »

On est tous des z’égoïstes…

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Nathalie est enragée noire : « Là, si tu penses que je vais acheter ça, moi, que je suis rien qu’une égoïste, avec tous les sacrifices que je fais pour mes enfants, sans parler du bénévolat dans ma résidence de p’tits vieux et du vingt piastres par mois que je donne à Greenpeace quand j’ai même pas les moyens d’avoir le câble et que c’est à l’Armée du salut que je m’habille, ÇA VA FAIRE !!! »

Misère que cette vérité est dure à faire avaler ! Et pourtant, le jour où Nathalie va réaliser que les gestes qu’elle pose sous le prétexte de la générosité du cœur ou pire, de l’altruisme, elle ne les pose que pour se satisfaire, elle d’abord, mon amie va arrêter d’entretenir des attentes. Parce que la vie se parsème de déceptions à force d’attendre qu’on nous rende dans la mesure de ce que l’on croit avoir donné.

D’ailleurs, les enfants sont souvent les premiers qui écopent de cette croyance qu’on leur inculque qu’en tant qu’enfants, ils doivent mer et monde à leurs parents, sous le prétexte du sacrifice. Il suffit que l’un n’appelle pas aussi souvent qu’on le voudrait ou que l’autre ne viennent nous rendre visite qu’à Noël pour qu’on les traite de sans-cœurs ou d’ingrats « après tout ce qu’on a fait pour toi ! » En savoir plus