Le bonheur de l’escargot

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En ce temps de l’année où les vœux de bonheur continuent de circuler à qui mieux mieux et où les résolutions prolifèrent, j’ai pensé vous offrir cette petite réflexion.

Pourquoi croire que 2011 sera mieux que 2010 ? Pourquoi croire qu’en 2011, nous serons entreprenants, créatifs et combatifs si aujourd’hui nous sommes sans énergie, tristes et mécontents de notre sort ? Si notre attitude ne change pas, il est fort à parier que 2011 sera pareille à 2010.

Combien parmi nous entretiennent cet espoir que le bonheur sera enfin au rendez-vous demain ? Qui n’a pas un jour penser être heureux si seulement : si seulement j’avais plus d’argent, si seulement j’avais un char neuf, si seulement j’avais un chum, si seulement je décrochais la job de mes rêves, si j’étais plus mince, plus en forme, si j’étais juste un peu moins soupe au lait et tutti canti ?

Il se trouve que la majorité d’entre nous a le pouvoir d’être dès aujourd’hui une personne plus énergique, plus satisfaite de son sort, plus aimante, plus aimable, plus créative ou plus sûre d’elle. Comment ? Il n’y a pas de véritable secret : il suffit de le vouloir, de passer à l’action et, surtout, de persévérer…

Pour devenir une personne plus énergique, il suffit de bouger. Faites du sport, dansez, marchez, skiez, faites de la randonnée, du vélo : les possibilités sont innombrables. Pour devenir une personne plus énergique, donnez ! Donnez de votre temps, donnez de votre savoir, de votre expérience, de votre sagesse. Donnez de votre bonne humeur, de votre joie de vivre, donnez !

Chacun d’entre nous détient ce pouvoir d’être plus satisfait de son sort et de devenir, par ricochet, une personne plus aimante et plus aimable. Parcourir les livres d’histoire du Québec et du monde peut certainement nous y aider. Comment ne pas être content quand on pense qu’il y a à peine cent ans, soit avant l’invention de la pénicilline, les humains mouraient d’infections que l’on soigne aujourd’hui quasiment comme on soigne un rhume  ? Comment ne pas remercier la science quand on pense qu’avant l’invention de la pilule anticonceptionnelle, les familles se composaient d’autant de rejetons que la nature permettait d’en concevoir ? Qu’il fallait loger, vêtir, nourrir, éduquer et soigner toute cette marmaille ? Ça vous aurait plu ? Moi, non. Les exemples démontrant à quel point l’existence humaine est devenue confortable pullulent.

Vous pouvez dès aujourd’hui devenir une personne plus créative en tentant de faire chaque jour une chose de manière différente. Par exemple, pourquoi ne pas vous rendre au bureau en empruntant régulièrement un trajet différent ? Pourquoi ne pas arpenter de nouvelles rues sur l’heure du dîner, découvrir une nouvelle manière de faire qui rendrait un client encore plus satisfait ou apprendre une nouvelle langue ?

On s’est habitués à ce que les choses se fassent vite. On s’est habitués à avoir des résultats rapido presto. Mais le bonheur durable évolue dans la lenteur et dans les petites choses. Et il ne connaît ni hier ni demain.

Le bonheur de l'escargot

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En ce temps de l’année où les vœux de bonheur continuent de circuler à qui mieux mieux et où les résolutions prolifèrent, j’ai pensé vous offrir cette petite réflexion.

Pourquoi croire que 2011 sera mieux que 2010 ? Pourquoi croire qu’en 2011, nous serons entreprenants, créatifs et combatifs si aujourd’hui nous sommes sans énergie, tristes et mécontents de notre sort ? Si notre attitude ne change pas, il est fort à parier que 2011 sera pareille à 2010.

Combien parmi nous entretiennent cet espoir que le bonheur sera enfin au rendez-vous demain ? Qui n’a pas un jour penser être heureux si seulement : si seulement j’avais plus d’argent, si seulement j’avais un char neuf, si seulement j’avais un chum, si seulement je décrochais la job de mes rêves, si j’étais plus mince, plus en forme, si j’étais juste un peu moins soupe au lait et tutti canti ?

Il se trouve que la majorité d’entre nous a le pouvoir d’être dès aujourd’hui une personne plus énergique, plus satisfaite de son sort, plus aimante, plus aimable, plus créative ou plus sûre d’elle. Comment ? Il n’y a pas de véritable secret : il suffit de le vouloir, de passer à l’action et, surtout, de persévérer…

Pour devenir une personne plus énergique, il suffit de bouger. Faites du sport, dansez, marchez, skiez, faites de la randonnée, du vélo : les possibilités sont innombrables. Pour devenir une personne plus énergique, donnez ! Donnez de votre temps, donnez de votre savoir, de votre expérience, de votre sagesse. Donnez de votre bonne humeur, de votre joie de vivre, donnez !

Chacun d’entre nous détient ce pouvoir d’être plus satisfait de son sort et de devenir, par ricochet, une personne plus aimante et plus aimable. Parcourir les livres d’histoire du Québec et du monde peut certainement nous y aider. Comment ne pas être content quand on pense qu’il y a à peine cent ans, soit avant l’invention de la pénicilline, les humains mouraient d’infections que l’on soigne aujourd’hui quasiment comme on soigne un rhume  ? Comment ne pas remercier la science quand on pense qu’avant l’invention de la pilule anticonceptionnelle, les familles se composaient d’autant de rejetons que la nature permettait d’en concevoir ? Qu’il fallait loger, vêtir, nourrir, éduquer et soigner toute cette marmaille ? Ça vous aurait plu ? Moi, non. Les exemples démontrant à quel point l’existence humaine est devenue confortable pullulent.

Vous pouvez dès aujourd’hui devenir une personne plus créative en tentant de faire chaque jour une chose de manière différente. Par exemple, pourquoi ne pas vous rendre au bureau en empruntant régulièrement un trajet différent ? Pourquoi ne pas arpenter de nouvelles rues sur l’heure du dîner, découvrir une nouvelle manière de faire qui rendrait un client encore plus satisfait ou apprendre une nouvelle langue ?

On s’est habitués à ce que les choses se fassent vite. On s’est habitués à avoir des résultats rapido presto. Mais le bonheur durable évolue dans la lenteur et dans les petites choses. Et il ne connaît ni hier ni demain.

Les vrais secrets enfin révélés !

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J’ai toujours été étonnée de constater à quel point l’humain réagissait différemment devant les coups durs de l’existence. J’y vais de deux petites histoires vraies.

Patrice est propriétaire et président de l’entreprise de fabrication de meubles qu’il a héritée de son père, qui l’avait héritée du sien. Mais les temps sont durs pour cette industrie depuis l’arrivée, sur le marché québécois, des meubles fabriqués en Chine à coûts moindres. Vient un temps où Patrice doit se résigner à fermer les portes de l’entreprise familiale. Il est défait. Il se sent coupable vis-à-vis son père, son grand-père et ses anciens employés, qu’ils croisent régulièrement dans la rue. Il se sent nul vis-à-vis sa femme et ses enfants. Il se dit qu’il n’a peut-être pas pris les bonnes décisions. Il en veut à Pierre-Jean-Jacques et aux Chinois. Patrice passe maintenant ses journées écrasé dans son divan, les yeux rivés sur l’écran de la télé. Nahil s’inquiète du comportement de son mari. Elle se dit que si elle parvenait à faire en sorte que Patrice réalise à quel point il peut se considérer chanceux d’être en santé, et choyé par la vie d’avoir une si belle famille, il pourrait peut-être mieux conjuguer avec la fermeture de l’entreprise. Elle invite donc Patrice à venir la chercher à l’hôpital après son quart de travail, avec l’idée de lui présenter mine de rien Michaël, un adolescent devenu quadriplégique à la suite d’un grave accident de voiture. Le choc de cette rencontre fit rapidement effet, ainsi que Nahil l’avait espéré. Patrice sortit de sa léthargie, retroussa ses manches, et se mit à la recherche d’un travail pour contribuer à la subsistance de sa famille. Quelque temps plus tard, il mit en branle le projet de démarrage d’une autre entreprise, qu’il s’apprête à inaugurer.

L’histoire d’Alec, elle, est beaucoup moins réjouissante. Un jour, il apprend que sa femme le quitte pour son meilleur ami.  Anéanti par cette nouvelle, il devient dépressif et se met à enfiler un verre de scotch après l’autre.  Plus il boit, plus son travail en souffre. Après plusieurs avertissements, la direction de la firme pour laquelle il travaille prend la décision de mettre Alec à la porte. Convaincu qu’il ne vaut plus rien, que sa vie est finie, qu’aucune femme ne va encore s’intéresser à lui, Alec s’empare de son fusil de chasse, retourne l’arme contre lui et tire.

Il semble donc que certains traversent plus facilement et de manière plus créative les moments difficiles de l’existence que d’autres, qu’il s’agisse d’un deuil, d’une maladie, d’un accident, d’une séparation, you name it, comme s’ils savaient mieux s’adapter à la vie et aux aléas qui la ponctuent. Comment s’y prennent-ils ? Je vous invite à survoler quelques unes des stratégies  les plus couramment utilisées pour conjuguer avec les changements.

Si c’est en forgeant que l’on devient forgeron, c’est en relevant des défis que l’on apprend à développer sa confiance en sa capacité de trouver des solutions aux inévitables coups durs de l’existence.  C’est aussi de cette manière que l’on expérimente, que l’on se découvre, que l’on repousse ses limites… Vous ne vous croyez pas capable de décrocher l’emploi que vous postulez ? So what ? Pratiquez-vous au moins à passer une entrevue (si jamais vous avez la chance que l’on vous y convoque !) Essayez à peu près tout ce que vous ne vous croyez pas capables de faire ! Vous pourriez être très surpris !

La créativité constitue une alliée de choix ! Apprendre une nouvelle langue. Emprunter des chemins différents pour aller travailler. Essayer un nouveau sport, travailler de ses mains, retourner sur les bancs d’école ou changer d’emploi sont autant de repoussoirs à l’abattement et à la léthargie. Être créatif, c’est s’ouvrir à la nouveauté, et faire de cette dernière un élément générateur d’émotions de joie plutôt qu’un élément générateur d’émotions de peur. Parce que la joie nous porte et que la peur nous paralyse. Apprenons à accueillir et à apprivoiser la nouveauté en ponctuant notre quotidien de petits et de plus grands projets.

Pour conjuguer avec le changement, que celui-ci soit imposé ou désiré, ça prend une bonne dose de courage. Certains rajouteront que pour tenir la route, il est salvateur de croire que l’avenir sera plus reluisant que le présent ne l’est. Si cette idée est bien ancrée dans le livre des croyances populaires, elle n’en demeure pas moins douteuse : qui peut jurer que l’avenir ne sera pas pareil ou pire ? C’est l’fun de croire à la fée des dents, aux nains de jardins, aux nymphes, à dieu, à Bouddha ou à n’importe quoi. Ça nous porte, ça nous fait voir la vie en couleur, un peu de magie, comme on dit, ça ne peut pas faire de tort. Mais dans les faits, croire en des idées douteuses peut souvent entraîner angoisse, culpabilité, déprime, découragement, dépression, hostilité si ce que l’on espérait n’arrive pas… et la plupart du temps, ce que l’on souhaite, même ardemment après cinquante chapelets, n’arrive pas ! Si c’était le cas, on serait sans doute tous riches, en santé, jeunes et beaux. Plusieurs préfèrent penser que l’avenir pourrait être pire que le présent, et se consolent ainsi… Qui sait : votre maison pourrait être infestée de rats qui vous grugent les orteils la nuit pendant votre sommeil, vous auriez pu naître dans un pays de famine ou de guerre. SI VOUS LISEZ CES LIGNES C’EST QUE VOUS ÊTES CHOYÉS !

Gardons en mémoire que nos émotions ne sont pas causées par les événements malheureux qui surviennent, mais bien par les idées que nous entretenons à propos de ces mêmes événements. Si on n’a pas de pouvoir sur les événements, on en a sur notre manière de les interpréter, ce qui n’est pas peu dire !

Apprenons par cœur le glossaire des émotions. Par exemple, se cache TOUJOURS derrière l’angoisse l’idée qu’un danger me menace et que je ne saurai y faire face. Se cache TOUJOURS derrière l’hostilité l’idée que l’autre n’avait pas le droit d’agir ainsi qu’il l’a fait. Se cache TOUJOURS derrière la culpabilité l’idée que je n’aurais pas dû faire ce que j’ai fait ou que je n’ai pas fait ce que j’aurais dû faire.  Apprendre à identifier nos émotions nous permet d’identifier les idées qui se cachent derrière elles. Une fois que nos idées sont identifiées, il nous est possible de troquer nos idées fausses ou douteuses pour des idées vraies, les idées fausses ou douteuses créant les émotions désagréables.[1]

Enfin, rappelons-nous que le bonheur, ça demande des soins… c’est un peu (beaucoup !) comme si le bonheur était un jardin.


[1] Sauf en ce qui concerne l’émotion amour. À ce propos, lire « Mon âme sœur ou rien ! ».