De l'infidélité amoureuse

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Sandrine a laissé ce petit commentaire que je trouve très inspirant sur Les Repères de Languirand à propos de la capsule intitulée L’infidélité ? Je veux le meilleur des deux mondes ! Le voici : « Cette capsule sur l’infidélité m’amène à réfléchir de nouveau à cette question qui me taraude : si je choisis cet homme, à qui je jure fidélité, je me prive de tous les autres ? Comment fait-on pour vivre dans de telles conditions, avec de telles limites ? Ça ne vous dérange pas, vous autres ? Voilà pourquoi je ne m’engage pas : ce n’est pas que je ne suis pas fidèle, c’est que je ne veux pas qu’on m’interdise de ne pas l’être. »

Depuis une cinquantaine d’années, notre vision du couple s’est profondément transformée. Plusieurs changements se sont opérés depuis l’époque où, en dehors des liens sacrés du mariage, l’amour ne trouvait point de salut. Aujourd’hui, il peut s’épanouir au grand jour en version homo, hétéro ou bisexuelle et en formules « sous le même toit » (marié ou non) ou « chacun chez-soi », pour ne parler que de celles-là.

Si notre conception des différentes manières de vivre l’amour a changé, notre manière de le penser a-t-elle, de son côté, suivi ces transformations ? Pas tellement… Il semble bien que l’on rêve toujours (et souvent en cachette) à l’amour éternel et, par ricochet, inconditionnel. Et à moins que je sois dans les patates, c’est encore de la fidélité que l’on jure sinon explicitement en sous-entendu dans le cadre d’une relation amoureuse, qu’on se marie ou non. L’envers de la fidélité – l’infidélité (ou l’adultère) – a d’ailleurs si mauvaise presse qu’elle constitue, selon la loi fédérale sur le divorce, une cause de divorce, au même titre que la cruauté physique ou mentale…  La belle affaire, comme l’aurait dit Pierre.

Constats

Il semble bien qu’il soit plus difficile pour certains humains d’être fidèles que pour d’autres. En effet, plus on serait au goût de la majorité (beauté, richesse, succès), plus les tentations de tricher se multiplieraient. Il serait également plus difficile de rester fidèle à l’autre quand les occasions de «sauter la clôture» font partie de notre quotidien. Le fait de voyager pour le travail, par exemple, peut nous rendre plus vulnérables à commettre l’adultère, surtout si la confidentialité de l’affaire a toutes les chances d’être préservée. En ce sens, on pourrait penser que si on est fidèle, c’est parce que l’on n’a pas eu l’occasion de ne pas l’être…

Pour certains, être infidèle constituerait un défi constant, jusqu’à en devenir une manière de vivre plutôt révélatrice d’une forme d’instabilité sur le plan émotif ou sexuel. Ces «accros» aux rapports pluriels trouveraient  beaucoup de valorisation à édifier des relations parallèles et à développer des stratégies multiples pour préserver le secret afin de ne pas mettre leur relation officielle en péril. C’est à se demander si l’objectif de toutes ces manigances est la recherche des plaisirs de la chair ou la recherche du plaisir de vivre continuellement sur la corde raide…

Pour d’autres, être infidèle serait une manière de ne pas faire éclater le noyau familial. Dans ce cas, les deux partenaires se considèrent souvent avant tout comme des parents, peut-être aussi comme des partenaires d’affaires et de bons amis. Il appert que ni l’un ni l’autre n’est prêt à sacrifier le bien-être et la sécurité que le cocon familial leur procure, même si le sexe est exempt de la relation conjugale. Et c’est souvent par un consentement mutuel – explicite ou implicite – que l’un ou les deux partenaires entretiennent des relations en dehors du mariage ou se permettent des aventures. Auquel cas, peut-on vraiment parler d’infidélité ?

La fidélité et l’exclusivité sexuelle

La plupart du temps, on circonscrit la fidélité amoureuse dans un rapport réducteur : celui de l’exclusivité sexuelle. Pourtant, quand on l’aborde comme une « attitude », il apparaît que la fidélité n’a pas qu’à voir avec la sexualité. J’aurais beau ne jamais m’envoyer en l’air avec un autre, est-ce que je suis fidèle si je fais de mon bureau, de mon garage, du gym ou du bistro d’à côté ma résidence principale, passant le plus clair de mon temps loin de Minou et des miens ? Suis-je fidèle si mon vrai amour, ma raison de vivre, c’est ma bouteille ou mon hasch ou ma bouffe ou mon char ou mon bateau ou ma moto you name it ? Si je passe mes grandes journées à chialer, à crier, à me mettre en colère, à bouder, à en vouloir au monde entier et à ma belle-mère, on s’en va où avec nos running shoes ?

La fidélité, donc, ne serait-ce pas aussi le temps passé avec l’être aimé, à rire et à rêver à deux ? La fidélité, ne serait-ce pas aussi les joies, les peines, les tourments et les secrets que l’on partage ? La fidélité, ne serait-ce pas aussi de s’accepter l’un l’autre avec ses forces et ses limites ? De s’appuyer mutuellement dans la tempête ?

La photo est tirée de la galerie d’images de Google. Le nom de son auteur n’y apparaît pas. Si cette œuvre n’était pas libre de droits de reproduction, veuillez, je vous prie, m’en aviser. Merci !

« Que sera, sera »

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La tristesse, comme toutes les émotions par ailleurs, est causée par les idées que nous entretenons à propos d’un événement quelconque qui survient dans notre existence. Ainsi, on ressent de la tristesse quand on croit que ce qui nous arrive ne constitue pas une bonne affaire pour nous, quand elle n’en est pas une carrément mauvaise…

Imaginez, par exemple, que par un malheureux concours de circonstances, vous ratez votre train. Vous trouvez cette situation triste, parce que même en attrapant le prochain départ, vous accuserez un retard important à votre rendez-vous avec monsieur Provencher, votre futur plu$ gro$ client. Ce retard est si important, d’ailleurs, que vous jugez préférable de reporter votre rencontre, en espérant que votre concurrent ne vous raflera pas le contrat d’ici là. Vous vous dites que votre journée est gâchée à l’avance… sinon votre mois et, qui sait, peut-être même votre année !

C’est donc avec nervosité que vous composez le numéro de téléphone de monsieur Provencher pour lui annoncer le report de votre rencontre. Mais une nouvelle de dernière heure projetée sur le grand écran de la gare attire soudain votre attention : le train dans lequel vous deviez prendre place a déraillé. Sous vos yeux, du feu s’échappe des locomotives. Du coup, vous réalisez la chance que vous avez : vous êtes en vie !

Voilà comment cette seconde interprétation de l’événement « du train raté » sèmera instantanément en vous la joie plutôt que la tristesse. Au diable donc ce rendez-vous manqué : vous êtes en vie, et considérez qu’il vaut mieux être en vie que mort.

De la même manière que nous pouvons nous créer de la tristesse, nous pouvons donc nous créer de la joie. Il suffit, ainsi que vous l’avez lu, de nous imaginer que l’événement qui nous arrive est avantageux, utile, bienfaiteur pour nous.

Cependant, l’une comme l’autre émotion est basée sur une idée douteuse, c’est-à-dire une idée dont personne ne peut prédire avec exactitude l’issue au moment où elle traverse notre esprit : jusqu’à preuve du contraire, nul ne peut encore prédire l’avenir.

Personne, donc, ne peut jurer qu’une situation qui nous apparaît malheureuse sur le coup ne finira pas par tourner à notre avantage. Ou, au contraire, que la situation que nous entrevoyions comme une aubaine ne se transformera pas en un cauchemar. Parce que ça arrive, des z’affaires de même…

Repensez à votre vie. N’avez-vous pas déjà vécu dans le passé quelques événements que vous aviez d’abord jugés en votre défaveur pour ensuite les revoir comme avantageux pour vous, ou inversement : ce que vous trouviez bon, un jour, peut-être l’avez-vous  trouvé mauvais à une autre époque ?

Notre réalité change à mesure que le temps file parce que des éléments nouveaux, dont nous ne pouvions être conscients – et qu’il nous était donc impossible de prévoir – viennent s’y greffer. Encore une fois, ces éléments peuvent nous apparaître comme des atouts ou comme des obstacles dès que nous les filtrons ou les interprétons.

On ne sait rien de l’avenir. Mieux vaut alors ne pas se créer inutilement de la tristesse en sautant hâtivement aux conclusions dans l’interprétation d’un événement. Ne rien anticiper, ni le meilleur ni le pire, demeure la meilleure attitude – même si elle n’est pas aisée.

Chaque fois, donc, que vous considérerez qu’un événement qui survient en est un fâcheux qui ne vous aidera en rien, rappelez-vous que le vent peut toujours tourner. Et si cela peut vous encourager, pensez que ça pourrait être pire !

Que sera, sera
Demain n’est jamais certain
Laissons l’avenir venir
Que sera, sera
What will be, will be
 

"Que sera, sera"

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La tristesse, comme toutes les émotions par ailleurs, est causée par les idées que nous entretenons à propos d’un événement quelconque qui survient dans notre existence. Ainsi, on ressent de la tristesse quand on croit que ce qui nous arrive ne constitue pas une bonne affaire pour nous, quand elle n’en est pas une carrément mauvaise…

Imaginez, par exemple, que par un malheureux concours de circonstances, vous ratez votre train. Vous trouvez cette situation triste, parce que même en attrapant le prochain départ, vous accuserez un retard important à votre rendez-vous avec monsieur Provencher, votre futur plu$ gro$ client. Ce retard est si important, d’ailleurs, que vous jugez préférable de reporter votre rencontre, en espérant que votre concurrent ne vous raflera pas le contrat d’ici là. Vous vous dites que votre journée est gâchée à l’avance… sinon votre mois et, qui sait, peut-être même votre année !

C’est donc avec nervosité que vous composez le numéro de téléphone de monsieur Provencher pour lui annoncer le report de votre rencontre. Mais une nouvelle de dernière heure projetée sur le grand écran de la gare attire soudain votre attention : le train dans lequel vous deviez prendre place a déraillé. Sous vos yeux, du feu s’échappe des locomotives. Du coup, vous réalisez la chance que vous avez : vous êtes en vie !

Voilà comment cette seconde interprétation de l’événement « du train raté » sèmera instantanément en vous la joie plutôt que la tristesse. Au diable donc ce rendez-vous manqué : vous êtes en vie, et considérez qu’il vaut mieux être en vie que mort.

De la même manière que nous pouvons nous créer de la tristesse, nous pouvons donc nous créer de la joie. Il suffit, ainsi que vous l’avez lu, de nous imaginer que l’événement qui nous arrive est avantageux, utile, bienfaiteur pour nous.

Cependant, l’une comme l’autre émotion est basée sur une idée douteuse, c’est-à-dire une idée dont personne ne peut prédire avec exactitude l’issue au moment où elle traverse notre esprit : jusqu’à preuve du contraire, nul ne peut encore prédire l’avenir.

Personne, donc, ne peut jurer qu’une situation qui nous apparaît malheureuse sur le coup ne finira pas par tourner à notre avantage. Ou, au contraire, que la situation que nous entrevoyions comme une aubaine ne se transformera pas en un cauchemar. Parce que ça arrive, des z’affaires de même…

Repensez à votre vie. N’avez-vous pas déjà vécu dans le passé quelques événements que vous aviez d’abord jugés en votre défaveur pour ensuite les revoir comme avantageux pour vous, ou inversement : ce que vous trouviez bon, un jour, peut-être l’avez-vous  trouvé mauvais à une autre époque ?

Notre réalité change à mesure que le temps file parce que des éléments nouveaux, dont nous ne pouvions être conscients – et qu’il nous était donc impossible de prévoir – viennent s’y greffer. Encore une fois, ces éléments peuvent nous apparaître comme des atouts ou comme des obstacles dès que nous les filtrons ou les interprétons.

On ne sait rien de l’avenir. Mieux vaut alors ne pas se créer inutilement de la tristesse en sautant hâtivement aux conclusions dans l’interprétation d’un événement. Ne rien anticiper, ni le meilleur ni le pire, demeure la meilleure attitude – même si elle n’est pas aisée.

Chaque fois, donc, que vous considérerez qu’un événement qui survient en est un fâcheux qui ne vous aidera en rien, rappelez-vous que le vent peut toujours tourner. Et si cela peut vous encourager, pensez que ça pourrait être pire !

Que sera, sera
Demain n’est jamais certain
Laissons l’avenir venir
Que sera, sera
What will be, will be
 

Mon âme soeur ou rien !

À la recherche d’un amour hydrofuge, antirouille, antibactérien, antifongique, qui marche à l’énergie solaire et qui embaume le lilas à l’année ? Bienvenue dans le Club des « chercheurs » d’âmes sœurs !

* * *

© www.pixabay.com

Je décroche le téléphone. C’est Claudine, au bout du fil, qui va me faire le compte rendu de son premier café avec Philippe, un homme avec qui elle échange via un réseau de rencontres Internet depuis quelques semaines.

– Ce n’est pas mêlant, quand je l’ai vu s’avancer à ma table, j’ai juste eu le goût de prendre mes jambes à mon cou, tellement…

— Tellement « quoi » ?

— Tellement ce n’était pas ça !

— Et « ça » ayant supposé avoir été « quoi » ?

— Un gars avec le nez de Cyrano et le corps comme un bâton d’encens, ça t’aurait plu, toi ?

Y’a quelque chose qui me dit qu’elle exagère.

— Je ne comprends pas : il était pourtant mignon sur la photo, ce Philippe ! que je rétorque.

— Je me suis fait avoir. Sur la photo, il était de face, et il portait un parka aussi épais que la couette de mon lit. Ça fait que… j’ai commandé un expresso court.

Combien se trouve-t-il de Claude et de Claudine sur cette planète, à la recherche de son Brad ou de son Angelina, pour vivre l’amour idéal, garanti à vie plus deux ans parechoc à parechoc contre toute usure et contre toute imperfection ?

— Ouin… Tu dois être pas mal déçue. Surtout que vous aviez l’air de bien rigoler, tous les deux, au téléphone…

— C’est vrai qu’on a bien ri. Long silence. Soupir. Je commence à penser que je ne trouverai jamais… Pourtant, ce n’est pas parce que je ne sais pas ce que je veux ! Qu’est-ce qu’ils disent déjà : « Quand on ne sait pas où en s’en va, on arrive ailleurs ? »

— D’après moi, Claudine, c’est pas mal plus « nulle part » « qu’ailleurs » que tu t’en vas. Peut-être es-tu trop exigeante ?

— Pfff… Je veux mon âme sœur ou rien.

Je le sais, moi, que son âme sœur n’est nul autre qu’un Adonis doté de la cervelle d’un Einstein et des qualités du cœur d’un Saint-Exupéry. Ça court les rues, ça, d’abord…

J’ai envie de lui demander si elle ne se prendrait pas pour autre chose qu’un être humain faillible et imparfait pour exiger tant des autres et, du coup, d’une relation amoureuse. Mais je vais y aller mollo. L’amour est une émotion difficile, qu’il est préférable d’aborder avec des gants blancs.

Tous les êtres humains cherchent à avoir du plaisir, à ressentir de la joie. C’est pourquoi ils cherchent l’amour, qui est associé à des émotions de bien-être.

Quand le sentiment amoureux se manifeste entre deux personnes, c’est donc parce qu’ensemble, elles vivent des émotions de bien-être, des émotions de bonheur. Je ne vous apprends sûrement pas grand-chose.

Mais là où ça se corse, c’est qu’en général, quand l’émotion amour surgit, une corrélation bizarre s’installe dans la tête des tourtereaux : si je vis du bonheur en présence de cette personne, qu’ils se disent, c’est donc que cette personne est la cause de mon bonheur — pour ne pas dire que sans elle, c’est le malheur !

Voilà pourquoi nous disons que l’amour est basé sur une idée irréaliste, une idée fausse : parce qu’une autre personne ne peut pas nous causer une émotion, que cette émotion en soit une de bonheur (comme l’amour) ou qu’elle en soit une de malheur (comme la colère).

— Je ne vois pas où tu veux en venir, me balance Claudine. Ce qui compte, il me semble, c’est que l’amour nous fasse vivre de bons moments.

Elle a raison, la Claudine : ce qui compte, c’est de vivre des moments de bonheur, en amour comme ailleurs. Mais l’un des problèmes couramment vécus avec l’amour c’est que si je me mets à croire que c’est effectivement à cause de l’autre que je suis heureuse, ça sera aussi, et immanquablement, à cause de l’autre que je serai malheureuse. Et mon beau ciel bleu va s’assombrir dans un laps de temps relativement court, c’est-à-dire aussitôt que l’autre ne fera pas ce que j’attends de lui ou que je ne ferai pas ce qu’il attend de moi.

Un couple est formé de deux êtres humains qui, de par leur nature, sont voués à la recherche de leur propre plaisir et de leur propre avantage. C’est un peu comme si chacun tirait la couverte de son bord à longueur de journée…

— Es-tu en train de me dire qu’on est rien que des z’égoïstes ?

Reprocher à un être humain d’être égoïste, c’est comme de lui reprocher d’avoir un nez entre les yeux. Parce qu’il lui est tout aussi impossible de ne pas se comporter égoïstement qu’il ne l’est pour un saumon de remonter le courant ou que pour une outarde de filer vers le sud en automne.

— J’ai bien de la misère à avaler ça, moi…

— Même si tu ne crois pas à la neige, ça ne l’empêchera pas de neiger, comme le disait Nelligan. C’est comme ça. Et de l’admettre peut certainement aider, par exemple, à construire des relations amoureuses plus saines, plus l’fun.

— Ah oui ? Et comment ?

En partant de l’idée qu’un couple est formé de deux êtres fondamentalement égoïstes, on n’arrête de croire que c’est au nom de l’amour que l’autre va se fendre en quatre : l’autre ne le fait pas en ce nom, mais plutôt parce qu’il trouve son plaisir et son avantage à le faire ; parce que c’est dans sa nature d’agir de la sorte. Évidemment, ce qui va pour l’autre va pour soi.

En pensant de cette manière, l’idée que l’autre est la cause de mon bonheur s’évacue d’elle-même : la cause de mon bonheur ou de mon malheur, c’est ma capacité ou mon incapacité à trouver mon propre plaisir, mon bonheur, mon avantage dans la relation amoureuse — et ailleurs, il va sans dire.

— Claudine, es-tu toujours là ?

— Ouin… je trouve ça un peu weird ton affaire, mais en même temps, j’avoue que ça me fait réfléchir.

— Tant mieux ! Alors, je continue…

L’amour repose sur le degré de correspondance entre nos préférences et les caractéristiques de l’autre. Plus le degré de correspondance est élevé, plus le sentiment amoureux est grand.

Malgré tout, on n’aime toujours que partiellement. PERSONNE ne peut posséder TOUTES les caractéristiques qui nous plaisent, et SEULEMENT elles : l’orange vient avec sa pelure.

Il serait donc plus exact de dire que j’aime mon partenaire plus que les autres parce qu’il est celui qui possède le plus de caractéristiques qui correspondent à mes goûts.

De même, l’émotion « amour », comme toutes les émotions, est fluctuante : on ne peut aimer avec la même intensité la même personne tout le temps, non plus que l’on ne peut l’aimer à toute heure du jour et de la nuit.

De ce fait, il serait plus juste de dire que, certains jours, je suis folle de mon partenaire. Qu’à d’autres, je l’aime bien. Et que, parfois, il m’arrive de ne pas l’aimer du tout.

— Est-ce que tu me vois venir, Claudine ?

— Je ne suis pas sûre. Continue.

Eh bien, comme je suis la seule tributaire de mon bonheur et que, de toute manière, mon partenaire ne peut posséder toutes les caractéristiques que j’aime, je peux trouver l’équilibre en allant chercher en dehors de la relation ce qui contribue à mon bonheur : pratiquer un sport, être membre d’un club de lecture, faire de la peinture, enfin, tu vois ce que je veux dire ?

— Pour qu’on se fiche un peu la paix, finalement.

— Tu as tout compris ! Qu’en penses-tu ?

— J’en pense qu’on est à des années-lumière de mon âme sœur. Je suppose que tu vas me dire que ça n’existe pas ?

Le problème avec ton âme sœur, c’est que si tu la vois autrement qu’incarnée en un être humain faillible et imparfait, comme nous tous, égoïste et hédoniste, comme nous tous, alors tu risques fort de continuer de la chercher en vain.

Long silence. Soupir.

Claudine ? Ça ne va pas ?

— Je suis en train de me demander : est-ce que je t’assomme pour m’avoir transmis une vision si, euh, si… si… plate de l’amour ou est-ce que je rappelle Philippe ?

L’image à la une et l’image du billet ont été téléchargées gratuitement sur le site www. pixabay.com.

On est tous des z’égoïstes…

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Nathalie est enragée noire : « Là, si tu penses que je vais acheter ça, moi, que je suis rien qu’une égoïste, avec tous les sacrifices que je fais pour mes enfants, sans parler du bénévolat dans ma résidence de p’tits vieux et du vingt piastres par mois que je donne à Greenpeace quand j’ai même pas les moyens d’avoir le câble et que c’est à l’Armée du salut que je m’habille, ÇA VA FAIRE !!! »

Misère que cette vérité est dure à faire avaler ! Et pourtant, le jour où Nathalie va réaliser que les gestes qu’elle pose sous le prétexte de la générosité du cœur ou pire, de l’altruisme, elle ne les pose que pour se satisfaire, elle d’abord, mon amie va arrêter d’entretenir des attentes. Parce que la vie se parsème de déceptions à force d’attendre qu’on nous rende dans la mesure de ce que l’on croit avoir donné.

D’ailleurs, les enfants sont souvent les premiers qui écopent de cette croyance qu’on leur inculque qu’en tant qu’enfants, ils doivent mer et monde à leurs parents, sous le prétexte du sacrifice. Il suffit que l’un n’appelle pas aussi souvent qu’on le voudrait ou que l’autre ne viennent nous rendre visite qu’à Noël pour qu’on les traite de sans-cœurs ou d’ingrats « après tout ce qu’on a fait pour toi ! » En savoir plus

On est tous des z'égoïstes…

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Nathalie est enragée noire : « Là, si tu penses que je vais acheter ça, moi, que je suis rien qu’une égoïste, avec tous les sacrifices que je fais pour mes enfants, sans parler du bénévolat dans ma résidence de p’tits vieux et du vingt piastres par mois que je donne à Greenpeace quand j’ai même pas les moyens d’avoir le câble et que c’est à l’Armée du salut que je m’habille, ÇA VA FAIRE !!! »

Misère que cette vérité est dure à faire avaler ! Et pourtant, le jour où Nathalie va réaliser que les gestes qu’elle pose sous le prétexte de la générosité du cœur ou pire, de l’altruisme, elle ne les pose que pour se satisfaire, elle d’abord, mon amie va arrêter d’entretenir des attentes. Parce que la vie se parsème de déceptions à force d’attendre qu’on nous rende dans la mesure de ce que l’on croit avoir donné.

D’ailleurs, les enfants sont souvent les premiers qui écopent de cette croyance qu’on leur inculque qu’en tant qu’enfants, ils doivent mer et monde à leurs parents, sous le prétexte du sacrifice. Il suffit que l’un n’appelle pas aussi souvent qu’on le voudrait ou que l’autre ne viennent nous rendre visite qu’à Noël pour qu’on les traite de sans-cœurs ou d’ingrats « après tout ce qu’on a fait pour toi ! » En savoir plus

L’amour, des fois, souvent, c’est ben l’fun !

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Chérie-d’amour, la cadette de mes filles adorées, m’a fait ce commentaire, cette semaine, que mes derniers articles étaient teintés de morosité. « On dirait que t’es frustrée, maman ! Je le sais bien que ce que tu dis est vrai, mais ça me brise ma joie d’être amoureuse ! Ça me tente pas de croire que mon histoire pourrait ne pas toujours être aussi bonne qu’elle l’est actuellement, et encore moins de penser que ça pourrait ne pas durer toujours ! Mais c’est à des affaires plates comme ça que je pense quand je te lis ! » Bon, il est vrai qu’elle n’a pas dit cela exactement, mais je crois bien avoir rendu le sens de son propos. En tout cas, j’ai dit bon. J’ai dit mouais… Puis j’ai pensé : si ma Sarah-Maude avait perçu un tel pessimisme dans mes mots, d’autres qu’elle l’avaient probablement aussi perçu. Vous pensez bien que de démoraliser le monde n’est pas l’objectif que je vise avec ces petites chroniques du gros bon sens ! Ces quelques lignes, donc, voudraient mettre les barres sur les « i » et les points sur les « t» en ce qui concernent les visées des textes que je publie sur cette page.

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