Après les criocères du lys, les scarabées japonais…

Scarabée japonais

Depuis le début de la saison de jardinage, je surveille assidument les criocères, ces insectes à carapaces rouges qui grugent mes lys depuis trois ans. J’en suis même rendue à les éliminer un à un en les écrasant entre mes doigts, chose que je ne me serais jamais crue capable de faire.

Comme si je n’en avais pas déjà assez, je suis maintenant aux prises avec des scarabées japonais. Ils dévorent mes merveilleux cannas (dont j’ai attendu impatiemment la floraison), mes hibiscus, mes plants de tomates, de framboises, tralalère. Il paraît qu’ils peuvent anéantir un jardin le temps de le dire. Je le crois. Vous voyez les feuilles trouées de l’hibiscus? Cela vous donne un aperçu des ravages que les scarabées japonais peuvent faire sur les plantes.

Certains jours, je l’avoue, le découragement s’empare de moi. Il semble que mon jardin soit devenu un buffet à volonté pour ces insectes ravageurs. Bon, j’exagère un peu. Seulement, si mon jardin n’est pas encore envahi, c’est que je continue sans relâche d’exercer ma surveillance. Chaque matin, j’attrape un à un les scarabées, et je les noie dans de l’eau savonneuse. Ces gestes, je les répète au moins quatre fois par jour, sachant sur quelles plantes j’ai le plus de chance de trouver les coupables. Mais dès la semaine prochaine, je ne disposerai plus de ce temps. Mes pauvres fleurs ne résisteront pas.

Le pire, c’est qu’il n’est pas possible de s’en débarrasser. Tout au plus peut-on les contrôler.

Vous trouverez sur cette page deux liens, si vous avez envie d’en savoir davantage sur cette plaie que sont les scarabées japonais.

Bouhou…

Hibiscus des marais © sophieluce.com

Pour en savoir davantage sur cette malédiction, cliquez sur ces liens :

Ici Radio-Canada – C’est bien meilleur le matin
Le jardiner paresseux
Agence canadienne d’inspection des aliments

Les cannas

Les cannas ont éclos cette semaine ! C’est la première année que je cultive ces fleurs. Au printemps dernier, ma mère m’a fait cadeau d’une vingtaine de bulbes, que j’ai mis en terre à la fin de mai. L’an prochain, je projette de planter les bulbes en pots dès février, pour allonger la période de floraison. Je les trouve tellement beaux !Cannas © sophieluce.com

Le jardin, à la fin d’août…

« Les abeilles prennent le nectar dans différentes fleurs, puis elles fabriquent le miel. Une goutte de miel ne peut prétendre venir d’une fleur, une autre goutte d’une autre fleur ; le miel est un seul ensemble homogène. De même, tous les êtres sont un — même s’ils n’en sont pas conscients. Le tigre et le lion, le loup et le sanglier, le ver de terre et la phalène, le moucheron et le moustique, tous viennent de l’âme et appartiennent à l’âme. » [Chandogya Upanishad]

Variété d’hibiscus

Variété de dahlia

Variété de cannas

Variété de dahlias

Hémérocalles Colonia Dawn

Hydrangée Lime Light

La science du bonheur

Variété de tulipes © Sophie-Luce Morin« Le bonheur n’arrive pas automatiquement, ce n’est pas une grâce qu’un sort heureux peut répandre sur nous et qu’un revers de fortune peut nous enlever ; il dépend de nous seuls. On ne devient pas heureux en une nuit, mais au prix d’un travail patient, poursuivi de jour en jour. Le bonheur se construit, ce qui exige de la peine et du temps. Pour devenir heureux, c’est soi-même qu’il faut savoir changer. » [Luca et Francesco Cavalli-Sforza]

Luca et Francesco Cavalli-Sforza. La Science du bonheur. Paris, Odile Jacob, 1998.

Vivre au présent

Variété de tulipes © Sophie-Luce Morin« Il ne s’agit pas de vivre dans l’instant : il s’agit de vivre au présent, on n’a pas le choix, mais dans un présent qui dure, qui inclut un rapport présent au passé (la mémoire, la fidélité, la gratitude) et un rapport présent à l’avenir (le projet, le programme, la prévision, la confiance, le fantasme, l’imagination, l’utopie, si vous voulez, à condition de ne pas prendre vos rêves pour la réalité). La sagesse n’est ni amnésie ni aboulie*. Cesser d’espérer, ou espérer moins, ce n’est pas cesser de se souvenir ni renoncer à imaginer et à vouloir ! » [A. Comte-Sponville]

Comte-Sponville, André. Le bonheur désespérément. Éditions Pleins Feux, Nantes, 2001, 112 p., p. 79.

*Aboulie : Trouble caractérisé par une diminution de la volonté, par une incapacité à agir, à décider. Source : Antidote.

« Regarde comme ces fleurs sont belles ! »

Hibiscus Blue Chiffon © Sophie-Luce Morin Hibiscus © Sophie-Luce MorinHibiscus des marais © Sophie-Luce MorinCela fait maintenant une semaine que mes trois variétés d’hibiscus sont en fleurs. Je m’en réjouis autant que je m’en attriste. Depuis quelques jours, je suis en effet habitée par la saudade. C’est une émotion qui s’apparente à la mélancolie ou au spleen. La saudade est un mot portugais réputé intraduisible.

D’où me vient ce tiraillement intérieur ? Les fleurs d’hibiscus sont pourtant si belles. Elles me font penser aux fleurs de pavots. Comme celles-ci, elles ne durent qu’une journée. Leurs pétales sont également si fins, si légers et si gracieux qu’on les dirait fabriqués de papier de soie. Cette fragilité n’est cependant qu’un leurre ; car ces fleurs sont de grandes combattantes, qui résistent admirablement à nos hivers, si rudes. Alors pourquoi ne puis-je pas puiser grâce, beauté et force en ce que la nature m’offre sans être envahie par ce halo de tristesse ? J’ai ma petite idée là-dessus.

Alors que le pavot annonce des jours meilleurs, remplis de promesses de soleil et de sable farineux, la fleur d’hibiscus, elle, annonce la fin de l’été, les feuilles mortes et le froid. Et ça, là là là, ça fait mal à mon petit cœur de jardinière.

Cette constatation m’amène à pousser plus loin cette réflexion. Combien d’autres merveilleux moments de l’existence est-ce que je gâche parce que je voudrais qu’ils durent toujours ou qu’ils n’aient jamais commencé ou qu’ils finissent enfin ? Combien de fois m’est-il arrivé d’avoir de la difficulté à savourer pleinement un moment parce que je m’attendais à vivre autre chose de plus exotique, de plus palpitant ou de plus grandiose ? Je me trouve pas mal nounoune, des fois…

Je crois qu’il pourrait en être tout autrement de ma vie si j’apprenais à savourer pleinement le moment présent. Pas juste à temps partiel, pas juste dans certaines circonstances, pas juste quand je médite, mais 365 jours par années, à chaque minute de mon existence, à chaque respire. Car si je vivais le moment présent, je ne m’imaginerais pas mes hibiscus ensevelis sous six pieds de neige, alors que nous ne sommes qu’en août. Si je vivais le moment présent, je ne passerais pas la moitié de l’année (soit tout l’hiver) presque heureuse. Quel gaspillage, quand on y songe. La vie est si courte…

***

Combien de temps vais-je encore subir jusqu’à la simple évocation de l’hiver ? Il en a déjà été pourtant tout autrement. J’ai déjà espéré septembre et la rentrée des classes ; septembre, avec mes crayons et mes livres neufs et l’espoir de nouvelles rencontres. J’ai déjà espéré décembre, aussi, avec sa fête de Noël, ses cadeaux, ses réunions de famille, ses chansons à répondre, ses ceintures qui changent de cran et ses tempêtes de neige.

***

Je voudrais réapprendre à aimer l’automne pour ce qu’il est ; pour la beauté des paysages, pour ses odeurs et le bruissement des feuilles mortes sous mes pas ; pour sa lumière orangée et pour les journées de chaleur dont il nous gratifie souvent jusqu’en octobre.

J’aimerais redevenir cette petite fille qui s’ébahissait devant les premiers flocons de neige ; celle qui fabriquait des bonhommes, qui construisait des forts ; celle qui glissait sur les pentes ; celle qui patinait sur l’étang en fredonnant des chansons de Joe Dassin, qu’elle envisageait d’ailleurs secrètement d’épouser.

Je voudrais réapprendre à espérer l’hiver comme j’espère aujourd’hui le printemps.

***

Que dirait cette petite fille qui attendait l’automne avec impatience devant le spectacle des hibiscus ? Elle dirait peut-être simplement : « Regarde comme ces fleurs sont belles ! »

Le chemin le moins fréquenté : la responsabilité

Dans son livre Le chemin le moins fréquenté — que je relis pour la Xe fois (que voulez-vous, je ne suis pas toujours vite vite vite !) —, Scott Peck évoque la nécessité d’accepter la responsabilité d’un problème pour pouvoir le résoudre. Cette affirmation est d’une simplicité désarmante, voire simpliste. Il semble pourtant que plusieurs personnes rejettent le blâme sur les autres, sur la société ou sur les événements, plutôt que de se remettre en question.

Il est vrai que d’accepter la responsabilité de ses problèmes commande de sortir de sa zone de confort et de visiter sa part d’ombre. C’est un processus exigeant, car il demande de s’interroger sur soi, sur ses attentes ou sur ses valeurs. On s’y aventure muni de patience, de courage et d’humilité. Pour ces raisons, il peut paraître plus facile de ne pas accepter la responsabilité de ses difficultés.

Puisque ce qui leur arrive n’est pas leur faute et ne les concerne pas, ces personnes attendent que les autres règlent leurs ennuis à leur place. Elles endossent alors un rôle de victime. Cette position est une échappatoire, qui risque fort de ne pas leur procurer de bien-être à long terme.

Selon Scott Peck, se responsabiliser, c’est affirmer : « Si je suis stressée, c’est mon problème. Que pourrais-je faire pour réduire mon anxiété ? » alors que se déresponsabiliser, c’est dire : « Si je suis stressée, c’est à cause de mon patron (qui est trop contrôlant), de mon mari (qui ne m’aide pas), de la garderie (qui ferme trop tôt), de la circulation (occasionnée par les réparations de routes), alouette ! »

Rappelons-nous que les problèmes que nous rencontrons ne se dissipent pas d’eux-mêmes et, surtout, que personne ne les règlera à notre place. Si nous n’affrontons pas nos soucis, ils deviennent des freins à notre développement et à notre évolution. Ils constituent, de ce fait, de véritables entraves au bonheur. Il est donc de loin préférable d’apporter des correctifs à tout problème dès sa manifestation.

Je vous recommande chaudement la lecture de ce livre. Bien que publié il y a plusieurs années, il regorge de conseils qui n’ont pas perdu de leur pertinence pour vivre une existence plus riche et plus harmonieuse. Comme je me propose d’écrire encore quelques billets inspirés de cet ouvrage, je vous dis à bientôt !

Scott Peck, Le chemin le moins fréquenté : apprendre à vivre avec la vie. Éd. Robert Laffont, Paris, 1987, 379 p (p. 31 à 36).

Hémérocalle

Cette hémérocalle avait d’abord était plantée sur la plate-bande avant de la maison, en plein sud. Elle produisait peu de boutons, en plus de trouver difficilement sa place parmi les autres fleurs à cause de ses couleurs intenses d’oranger et de rouge. Je l’ai donc transplantée en isolée, à l’est, à l’automne dernier. Le résultat est saisissant. Les fleurs poussent en grappes, et comme elle est la seule à s’épanouir à cet endroit du jardin à ce moment-ci de la saison, on ne voit qu’elle !

Hemerocallis "Tigger" © sophieluce.com

Hemerocallis « Tigger » © sophieluce.com

Hemerocallis "Tigger" © sophieluce.com

Hemerocallis « Tigger » © sophieluce.com