Le restaurant de l’amour retrouvé

« Quand je suis rentrée à la maison après ma journée de travail au restaurant turc où j’ai un petit boulot, l’appartement était vide. Complètement vide. La télévision, la machine à laver et le frigo, jusqu’aux néons, aux rideaux et au paillasson, tout avait disparu.
Un instant, j’ai cru que je m’étais trompée de porte. Mais j’avais beau vérifier et revérifier, c’était bien ici, le nid d’amour où je vivais avec mon petit ami indien. La tache en forme de coeur, abandonnée au plafond, en était la preuve irréfutable.
On aurait dit le jour où l’agent immobilier nous avait montré l’appartement pour la première fois. Seulement, à la différence de ce jour-là, il flottait dans la pièce un léger parfum de garam masala et, au beau milieu du salon désert, luisait la clé de mon copain. »

Résumé :

Une jeune femme de vingt-cinq ans perd la voix à la suite d’un chagrin d’amour, revient malgré elle chez sa mère, figure fantasque vivant avec un cochon apprivoisé, et découvre ses dons insoupçonnés dans l’art de rendre les gens heureux en cuisinant pour eux des plats médités et préparés comme une prière.

Rinco cueille des grenades juchée sur un arbre, visite un champ de navets enfouis sous la neige, et invente pour ses convives des plats uniques qui se préparent et se dégustent dans la lenteur en réveillant leurs émotions enfouies.
Un livre lumineux sur le partage et le don, à savourer comme la cuisine de la jeune Rinco, dont l’épice secrète est l’amour.

L’auteure, Ito Ogawa :

Née en 1973, Ogawa Ito est l’auteure de livres pour enfants et fait partie du groupe de musique Fairlife. Le restaurant de l’amour retrouvé, son premier roman, est un best-seller au Japon et a été adapté au cinéma en 2010 par la réalisatrice Mai Tominaga.

Mon avis :

C’est un roman rafraîchissant, qui se déploie tout en douceur et en délicatesse. Une traversée identitaire racontée dans un mélange bien dosé de réalisme et de fantaisie, où le lecteur est invité à ralentir le pas, à contempler, à se laisser toucher par les petites choses du quotidien. J’ai particulièrement apprécié le parallèle qui est fait entre l’acte de cuisiner et celui d’écrire, où le dépouillement et la lenteur sont privilégiés. J’ai été conquise par cette vision respectueuse de la nature (animaux, végétation) et par cette nécessité évoquée, pour l’homme, de la nommer et de l’apprivoiser. Le restaurant de l’amour retrouvé : une éloge de la lenteur, qui met du baume sur le cœur.

* J’ai lu ce livre avec la musique de Yiruma en sourdine : c’était sublime !

Si Hope Barclay le dit !

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— Salut, ma pitounette, lance Hope à l’autre bout du fil, j’arrive dans trente minutes. Tu vas tenir le coup ?

— Comment ça, « j’arrive dans trente minutes » ? T’es pas à Saint-Lazare en train de clouer tes deux par quatre ou de mettre ton plancher à l’équerre ?

— J’y étais ce matin, mais j’ai dû revenir en ville pour remplacer Michela pendant quelques heures au bar. Je lui en devais une. Ça a bien tombé, finalement, parce que ça me permet d’être avec toi, en ce moment difficile.

— Tu t’en fais trop pour moi, Hope.

— Si t’espères que je vais te laisser toute seule, tu te trompes. Je te connais comme si je t’avais tricotée serré : tu vas t’en retourner, désespérée, dans les bras de Philippe Dugal dès demain matin, après la nuit blanche que tu vas passer à te morfondre sur ce que tu aurais dû faire et que t’as pas fait ou ce que t’as pas fait et que tu aurais dû faire. Ça fait trois fois que vous vous laissez et que vous vous raccommodez, mais depuis quand un élastique tendu redevient-il comme un neuf, dis-moi ? C’est rendu une vraie maladie, votre affaire. Tu peux compter sur moi pour t’empêcher de gâcher une journée de plus de ton existence dans cette relation néfaste et je dirais même plus : débilitante.

— Mais…

— Y a pas de « mais », je m’en viens, avec des munitions et des surprises.

Vous aimez cet extrait tiré du premier tome de Ma Mercedes contre un tracteur ? Envie d’en lire plus ? Contactez l’auteure pour recevoir un exemplaire dédicacé à votre domicile ou ailleurs.