Devenir ce que nous sommes

« Nous ne cessons de mettre en regard ce que nous sommes et ce que nous devrions être. Cette habitude de nous mesurer toujours à quelque chose ou à quelqu’un est une des principales causes de nos conflits. Pourquoi nous comparons-nous toujours à d’autres ? Si nous ne comparons à personne, nous devenons ce que nous sommes. » [Krishnamurti]

Entre le cinéma, la télévision et la lecture

Lire, ce n’est pas comme regarder un film, même si, dans les deux cas, on se fait raconter une histoire. Lire, c’est plutôt comme créer, parce que tout n’est pas conquis ou mâché quand on lit. Il faut imaginer les personnages, le décor, l’odeur des lys dans le jardin, le craquement des feuilles sous les pas, le clapotis de la pluie sur le pare-brise ou la lumière orangée et mauve du coucher de soleil. Alors qu’à la télévision ou au cinéma, c’est ce que le réalisateur a imaginé pour nous qu’on voit. Il orchestre son œuvre de sorte que, tous ensemble, nous vivions relativement les mêmes émotions en même temps. La petite musique lancinante signale que le moment de pleurer est venu. L’enregistrement de la foule qui rigole nous indique que c’est censé être drôle. Le hurlement du loup, au loin, devrait nous donner la chair de poule.

Le lecteur, lui, est maître à bord de son univers. Il invente ses propres images avec les indices que l’auteur sème ici et là. Il pleure si la scène le touche. Il rit s’il trouve ça drôle. Il tremble de peur, frissonne ou ne ressent rien du tout selon son vécu. Plus personne pour lui dire quoi vivre…

Sachant cela, il n’y a plus de raison de ne pas courir chez ton libraire aujourd’hui !

Inspiré de l’essai de Daniel Pennac, Comme un roman, Éd. Gallimard, Coll. Folio, Paris, 1992, pp. 26-28.

« Regarde comme ces fleurs sont belles ! »

Hibiscus Blue Chiffon © Sophie-Luce Morin Hibiscus © Sophie-Luce MorinHibiscus des marais © Sophie-Luce MorinCela fait maintenant une semaine que mes trois variétés d’hibiscus sont en fleurs. Je m’en réjouis autant que je m’en attriste. Depuis quelques jours, je suis en effet habitée par la saudade. C’est une émotion qui s’apparente à la mélancolie ou au spleen. La saudade est un mot portugais réputé intraduisible.

D’où me vient ce tiraillement intérieur ? Les fleurs d’hibiscus sont pourtant si belles. Elles me font penser aux fleurs de pavots. Comme celles-ci, elles ne durent qu’une journée. Leurs pétales sont également si fins, si légers et si gracieux qu’on les dirait fabriqués de papier de soie. Cette fragilité n’est cependant qu’un leurre ; car ces fleurs sont de grandes combattantes, qui résistent admirablement à nos hivers, si rudes. Alors pourquoi ne puis-je pas puiser grâce, beauté et force en ce que la nature m’offre sans être envahie par ce halo de tristesse ? J’ai ma petite idée là-dessus.

Alors que le pavot annonce des jours meilleurs, remplis de promesses de soleil et de sable farineux, la fleur d’hibiscus, elle, annonce la fin de l’été, les feuilles mortes et le froid. Et ça, là là là, ça fait mal à mon petit cœur de jardinière.

Cette constatation m’amène à pousser plus loin cette réflexion. Combien d’autres merveilleux moments de l’existence est-ce que je gâche parce que je voudrais qu’ils durent toujours ou qu’ils n’aient jamais commencé ou qu’ils finissent enfin ? Combien de fois m’est-il arrivé d’avoir de la difficulté à savourer pleinement un moment parce que je m’attendais à vivre autre chose de plus exotique, de plus palpitant ou de plus grandiose ? Je me trouve pas mal nounoune, des fois…

Je crois qu’il pourrait en être tout autrement de ma vie si j’apprenais à savourer pleinement le moment présent. Pas juste à temps partiel, pas juste dans certaines circonstances, pas juste quand je médite, mais 365 jours par années, à chaque minute de mon existence, à chaque respire. Car si je vivais le moment présent, je ne m’imaginerais pas mes hibiscus ensevelis sous six pieds de neige, alors que nous ne sommes qu’en août. Si je vivais le moment présent, je ne passerais pas la moitié de l’année (soit tout l’hiver) presque heureuse. Quel gaspillage, quand on y songe. La vie est si courte…

***

Combien de temps vais-je encore subir jusqu’à la simple évocation de l’hiver ? Il en a déjà été pourtant tout autrement. J’ai déjà espéré septembre et la rentrée des classes ; septembre, avec mes crayons et mes livres neufs et l’espoir de nouvelles rencontres. J’ai déjà espéré décembre, aussi, avec sa fête de Noël, ses cadeaux, ses réunions de famille, ses chansons à répondre, ses ceintures qui changent de cran et ses tempêtes de neige.

***

Je voudrais réapprendre à aimer l’automne pour ce qu’il est ; pour la beauté des paysages, pour ses odeurs et le bruissement des feuilles mortes sous mes pas ; pour sa lumière orangée et pour les journées de chaleur dont il nous gratifie souvent jusqu’en octobre.

J’aimerais redevenir cette petite fille qui s’ébahissait devant les premiers flocons de neige ; celle qui fabriquait des bonhommes, qui construisait des forts ; celle qui glissait sur les pentes ; celle qui patinait sur l’étang en fredonnant des chansons de Joe Dassin, qu’elle envisageait d’ailleurs secrètement d’épouser.

Je voudrais réapprendre à espérer l’hiver comme j’espère aujourd’hui le printemps.

***

Que dirait cette petite fille qui attendait l’automne avec impatience devant le spectacle des hibiscus ? Elle dirait peut-être simplement : « Regarde comme ces fleurs sont belles ! »

Le chemin le moins fréquenté : la responsabilité

Dans son livre Le chemin le moins fréquenté — que je relis pour la Xe fois (que voulez-vous, je ne suis pas toujours vite vite vite !) —, Scott Peck évoque la nécessité d’accepter la responsabilité d’un problème pour pouvoir le résoudre. Cette affirmation est d’une simplicité désarmante, voire simpliste. Il semble pourtant que plusieurs personnes rejettent le blâme sur les autres, sur la société ou sur les événements, plutôt que de se remettre en question.

Il est vrai que d’accepter la responsabilité de ses problèmes commande de sortir de sa zone de confort et de visiter sa part d’ombre. C’est un processus exigeant, car il demande de s’interroger sur soi, sur ses attentes ou sur ses valeurs. On s’y aventure muni de patience, de courage et d’humilité. Pour ces raisons, il peut paraître plus facile de ne pas accepter la responsabilité de ses difficultés.

Puisque ce qui leur arrive n’est pas leur faute et ne les concerne pas, ces personnes attendent que les autres règlent leurs ennuis à leur place. Elles endossent alors un rôle de victime. Cette position est une échappatoire, qui risque fort de ne pas leur procurer de bien-être à long terme.

Selon Scott Peck, se responsabiliser, c’est affirmer : « Si je suis stressée, c’est mon problème. Que pourrais-je faire pour réduire mon anxiété ? » alors que se déresponsabiliser, c’est dire : « Si je suis stressée, c’est à cause de mon patron (qui est trop contrôlant), de mon mari (qui ne m’aide pas), de la garderie (qui ferme trop tôt), de la circulation (occasionnée par les réparations de routes), alouette ! »

Rappelons-nous que les problèmes que nous rencontrons ne se dissipent pas d’eux-mêmes et, surtout, que personne ne les règlera à notre place. Si nous n’affrontons pas nos soucis, ils deviennent des freins à notre développement et à notre évolution. Ils constituent, de ce fait, de véritables entraves au bonheur. Il est donc de loin préférable d’apporter des correctifs à tout problème dès sa manifestation.

Je vous recommande chaudement la lecture de ce livre. Bien que publié il y a plusieurs années, il regorge de conseils qui n’ont pas perdu de leur pertinence pour vivre une existence plus riche et plus harmonieuse. Comme je me propose d’écrire encore quelques billets inspirés de cet ouvrage, je vous dis à bientôt !

Scott Peck, Le chemin le moins fréquenté : apprendre à vivre avec la vie. Éd. Robert Laffont, Paris, 1987, 379 p (p. 31 à 36).
Hemerocallis «Colonia Dawn» © Sophiie-Luce Morin

Hemerocallis «Colonia Dawn» © Sophie-Luce Morin

«Tel que vous êtes ici et maintenant, vous êtes unique. Vous n’êtes jamais la (le) même. Vous ne serez jamais la (le) même. Ce que vous êtes maintenant, vous ne l’avez jamais été. Vous ne le serez jamais plus.» [Svami Prajnanpad]

Vous êtes unique

Le stick : un instrument au son envoûtant !

Je vous partage une formidable découverte que je viens de faire ce matin par l’entremise de mon oncle et guitariste, Pierre-Yves Girardin : le stick.

Le stick ou Chapman stick est un instrument de musique amplifié inventé en 1969 par Emmett Chapman. Dérivé de la guitare, il se décline en plusieurs versions qui se distinguent par la répartition des cordes mélodiques (huit, dix ou douze cordes) et des cordes basses, amplifiables séparément.

Fabriqué dans différents bois ou graphite, cet instrument se démarque du fait que ses cordes sont frappées avec les doigts selon la « technique du tapping à deux mains ou du touch-style ». Un instrument à corde classique ne permet pas un jeu aussi polyphonique.

On dit que le stick se rapproche des instruments à clavier parce que « la main gauche joue généralement les basses — avec éventuellement les accords — pendant que la main droite joue les mélodies ou les accords. »

Cet instrument peut être utilisé dans n’importe quel style de musique. Il a d’ailleurs été utilisé par plusieurs artistes, notamment par « Tony Levin sur les albums de Peter Gabriel, King Crimson, Liquid Tension Experiment, Nick Beggs ou sous son propre nom. »

Les informations sont tirées du site de Wikipedia, à l’adresse : https://fr.wikipedia.org/wiki/Chapman_Stick

L’image à la une provient du site Internet : http://www.kronoscopie.fr/chapman-stick.html

San Jose, CA, USA © Sophie-Luce Morin

San Jose, CA, USA © Sophie-Luce Morin

«Le plus grand ennemi de l’homme, c’est la peur qui apparaît sous des formes aussi diverses que la honte, la jalousie, la colère, l’insolence, l’arrogance… Quelle est la cause de la peur ? Le manque de confiance en soi. » [Svami Prajnanpad]

La peur

Hémérocalle

Cette hémérocalle avait d’abord était plantée sur la plate-bande avant de la maison, en plein sud. Elle produisait peu de boutons, en plus de trouver difficilement sa place parmi les autres fleurs à cause de ses couleurs intenses d’oranger et de rouge. Je l’ai donc transplantée en isolée, à l’est, à l’automne dernier. Le résultat est saisissant. Les fleurs poussent en grappes, et comme elle est la seule à s’épanouir à cet endroit du jardin à ce moment-ci de la saison, on ne voit qu’elle !

Hemerocallis "Tigger" © sophieluce.com

Hemerocallis « Tigger » © sophieluce.com

Hemerocallis "Tigger" © sophieluce.com

Hemerocallis « Tigger » © sophieluce.com