22 conseils faciles à suivre pour vous gâcher l’existence !

Vous voulez passer du côté obscur de l’existence, mais ne savez trop comment ? Ne cherchez plus : j’ai dressé pour vous une liste de vingt-deux conseils triés sur le volet, et reconnus pour leur efficacité redoutable.

Parmi ces précieux enseignements, choisissez ceux qui vous interpellent le plus – un ou deux devraient suffire, si vous vous appliquez à bien les intégrer dans votre quotidien.

Comme cette liste n’est pas exhaustive, je vous invite à me proposer des ajouts : votre expérience du glauque pourrait en inspirer d’autres. Notez que mes conseils ne suivent aucun ordre spécifique.

  1. Répétez-vous que vous êtes une personne spéciale et qu’à ce titre, vous méritez tout.
  2. C’est encore à titre de personne spéciale que la vie vous a doté d’une sensibilité hors du commun. Voilà pourquoi ce qui pourrait passer pour un événement anodin pour l’un (surtout pour les membres du Club des sans-cœurs ![1]) constitue, pour vous, une catastrophe. Appliquez-vous donc à vivre intensément votre tristesse, apitoyez-vous sur votre sort, pleurez longtemps et tout votre saoul, de sorte d’obtenir votre adhésion à vie plus deux ans dans le prestigieux Club des bons. Vous le méritez bien !
  3. Entretenez cette idée que vous avez absolument besoin de l’approbation et de l’amour des autres pour vivre. Surtout, prenez l’habitude de vous faire du sang d’encre quand ce que vous êtes ou faites ne plaît pas à tout le monde, sans exception.
  4. Rentrez-vous profondément dans le crâne que si vous travaillez fort, vous réussirez hors de tout doute – l’échec sera d’autant plus cuisant.
  5. Si tous les humains étaient comme vous, le monde serait meilleur. Vous n’avez donc plus une seconde à perdre pour commencer à semer à tous vents votre précieux savoir.
  6. Dressez une liste de tous les malheurs qui se sont abattus sur vous au cours de votre existence. Trainez-la toujours avec vous, de sorte de pouvoir la bonifier en tout temps. Au besoin, exagérez un événement, afin qu’il puisse trouver sa place parmi vos autres coups durs, l’objectif ultime étant, vous vous en doutez bien, d’avoir un tas d’alibis en mains pour prouver aux autres que vous avez un tas de raisons de macérer dans le malheur.
  7. Croyez très fort que, sur les six milliards d’humains qui peuplent cette planète, personne ne peut être meilleur que vous ! You are the one and only !
  8. Passez le plus d’années possibles à ressasser le passé. Entretenez cette idée bien répandue que votre malheur est causé par les autres : votre père, votre mère, votre boss, la récession, Sylvie, le chien de votre voisin, l’hiver ou le hamster de votre petit dernier.
  9. Continuez de croire que ceux qui connaissent le bonheur, c’est parce qu’ils n’ont jamais connu de coups durs ou de périodes creuses… Répétez-vous intérieurement cette petite phrase assassine : « On l’sait ben… eux autres ! »
  10. Ne vous comparez qu’à ceux qui vous semblent mieux que vous. Ne pensez ô grand jamais que vous pouvez vous considérez chanceux de ne pas souffrir d’une maladie ou d’un handicap graves.
  11. Clamez sur tous les toits que vous faites du bénévolat pour aider vos pairs, et non pour vous faire plaisir.
  12. Répétez inlassablement à vos enfants tous les sacrifices que vous faites pour eux.
  13. Répétez-vous que si vous aviez eu les bons parents, vous auriez eu la bonne éducation, vous auriez trouvé la bonne job, le bon chum (qui vous aurait donné les bons enfants), l’affaire aurait été, comme on dit, ketchup ! Tout part de l’enfance… cette idée doit être coulée comme du béton dans votre cervelle.
  14. Sachez que tout ce qui s’est joué avant six ans est irrémédiable – par exemple, cela pourrait être à cause de votre mère, qui vous a mis sur le petit pot dès l’âge de douze mois, que votre époux vous a quittée.
  15. Le plus tôt possible au cours de votre existence, ne tolérez aucun échec. Dites non aux erreurs de parcours et encore plus aux errances. 
  16. Dans le but d’augmenter votre frustration, ponctuez vos monologues ou vos conversations de ce tout petit mot en apparence insignifiant, le « si » : si j’avais un char, si seulement j’avais le bon boss, si ma maison était payée, si je pouvais donc voyager, si mes enfants réussissaient mieux à l’école, si si si…
  17. Vos objectifs doivent être difficiles à atteindre, voire presque impossibles. Rêvez, par exemple, de devenir premier ministre, encore que…  quelqu’un pourrait-il me suggérer une position plus difficile à décrocher que celle-là ?
  18. Adhérez fermement à cette croyance que les émotions sont causées par les événements de votre existence et, surtout, ne ratez pas votre chance d’ajouter la puissance dix à votre malheur en exploitant au maximum chaque coup dur.
  19. En amour, ne recherchez que des partenaires qui ne courent pas les rues, comme une femme aux cheveux auburn, aux yeux bleus, à la taille fine, intelligente, allumée, loquace…
  20. Ponctuez votre discours de tous les jours avec des « il faut », « je devrais », « tu aurais dû », « il n’avait pas le droit » ; « tout », « rien », « jamais », « toujours », « oui, mais »…
  21. Lisez et relisez Le Secret et autres bouquins de sornettes qui vous racontent qu’il vous suffit de réclamer le bonheur, bien callé dans votre sofa, pour qu’il advienne.
  22. Rappelez-vous que la vie est courte : ne ratez surtout pas votre chance de la gâcher, en prenant bien soin d’en écorchez quelques uns au passage.




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[1] Lire mon article : « Une tête sans cœur ou un cœur sans tête ! »

2 thoughts on “22 conseils faciles à suivre pour vous gâcher l’existence !

  1. Paule Baillargon

    Quelques pensées qui ornent mon frigo:
    Il ne s’agit pas de cautionner le mal, mais d’être complice du bien. Père Jean (aumônier dans une prison)
    Pour un homme avec un gros marteau, tous les problèmes sont des clous. Proverbe juif
    Pour avoir le temps d’écrire, il faut avoir le temps de rêver. Claude Carrier
    Sois heureux un instant; cet instant, c’est ta vie. Omar Khayyâm
    Laisse tout venir à toi: la beauté comme la terreur. Continue: aucun sentiment n’est définitif. Rainer Maria Rilke
    La bonté en parole amène la confiance…La bonté en pensée amène la profondeur… La bonté en donnant amène l’amour. Lao-Tseu

    Bonne journée!

  2. Procaryote

    Vous êtes aussi dans le droit chemin de gâcher votre existence si vous vous reconnaissez dans quelques-unes de ces phrases…

    – Il faut que je réalise parfaitement ce que j’ai à faire.
    – La réalisation de ce but démontre ma valeur personnelle.
    – Je ne réussis jamais à atteindre mes objectifs.
    – Je devrais faire plus en moins de temps.
    – Je ne suis pas aussi bon que les autres.
    – Personne ne me comprend vraiment.
    – Les problèmes vont toujours aller en empirant.
    – Attendre, c’est une perte de temps.
    – Je dois me débrouiller seul, je ne peux compter sur personne.
    – Les autres doivent m’admirer et me respecter.
    – Je ne suis pas chanceux (se), je n’ai personne digne de confiance dans mon entourage.
    – Il ne sert à rien de déléguer, de toute façon, je dois toujours reprendre le travail qui a été fait.
    – Je perds mon temps lorsque je ne fais rien.
    – Je dois faire tout ce que j’ai prévu dans ma journée.
    – Elle ne veut plus me voir, elle ne m’a pas appelé.
    – Je ne suis pas capable de décrocher.
    – Je ne peux me reposer si tout n’est pas fait.
    – Tout est urgent! Rien ne peut attendre!
    – Cette personne est toujours désagréable.
    – Qu’est-ce que les autres vont dire si… Ils vont dire que…
    – C’est de la faute de mon (ma) conjoint(e), je ne peux rien y faire…
    – Il aurait du savoir que je voulais qu’il fasse…
    – Ça ne sert à rien d’essayer, de toute façon, ça ne marche jamais.
    – Le monde est rendu fou.
    – J’ai rien fait de ma journée.
    – S’ils tenaient réellement à moi, ils viendraient plus souvent.
    – J’ai l’impression qu’il fait exprès pour m’énerver.
    – Il (Elle) ne comprend jamais rien.
    – Tu ne peux pas comprendre, tu es trop jeune (trop vieux)
    – Je suis trop vieille (vieux) pour changer quelque chose dans ma vie.

    Bon, ça suffit.

    Au revoir!

    P.S. J’aime beaucoup votre blogue.

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