2011, une année remplie de « sens » !

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Comment réagiriez-vous si on vous annonçait aujourd’hui même qu’en décembre 2011, on retrouverait votre corps sans vie dans votre voiture à la suite d’un accident ? Décideriez-vous de laisser la mort vous prendre douze mois plus tôt en vous enfermant chez vous à double tour, et en braillant sur votre sort ? Ou décideriez-vous, au contraire, de jouir de la vie, de goûter le bonheur à grosse cuillerée le temps qu’il vous reste ?

Au fond, n’est-ce pas ce que nous serions censés faire tout au long de notre existence : jouir de la vie ? Parce  que s’il est une certitude que nous avons, nous, les humains, c’est bien celle que nous n’allons pas pouvoir nous en sortir vivant. Pourquoi, dans ce cas, attendre l’annonce d’un événement tragique pour retrouver le goût du risque, l’envie de relever des défis et de marcher vers nos rêves ? Qu’est-ce qui nous empêche de vivre la joie (ne serait-ce que celle d’être en vie !), l’amour ou d’exprimer notre gratitude à ceux qui nous entourent au quotidien dès maintenant ? Parce qu’au bord de la mort, il n’est pas question de remettre toutes ces choses importantes à demain. Parce qu’au bord de la mort, le seul temps qui compte est le présent.

Apprendre à vivre le moment présent est donc une étape incontournable dans notre quête du bonheur. Heureusement, rien ne sert de tout faire voler en éclat (par exemple, abandonner Minou, dire ses quatre vérités à son boss ou changer de pays !) sous prétexte que la vie est trop courte et qu’il ne nous reste plus une minute à perdre pour s’accomplir. Parce que vivre le moment présent, c’est d’abord apprendre à savourer la vie au quotidien et au travers de petites choses. L’un des meilleurs moyens pour y parvenir consiste à appréhender la vie avec nos sens. Cela s’expérimente de maintes manières.

Par exemple, cela peut vouloir dire de manger plus lentement pour apprécier la saveur de nos aliments. Essayez ceci. Fermez vos yeux, et introduisez lentement la nourriture dans votre bouche. Savourez-en la saveur, la texture, la fraîcheur. Essayez de ne penser à rien d’autre et même de ne parler à personne quand vous faites ce petit exercice – juste pour apprendre à goûter pleinement la nourriture.

Avec cette même lenteur et cette même disponibilité, écoutez la pluie qui tambourine sur le toit, observez la beauté d’un paysage ou appréciez l’odeur des étalages de légumes et de fruits de saison au marché.  Embrassez Minou langoureusement, en ayant pleinement conscience de votre langue qui se promène sur ses dents, et du goût de sa bouche et de la tiédeur de celle-ci… Ces plaisirs-là, ça ne s’achète pas !

En s’arrêtant pour savourer le moment présent, on se bâtit des souvenirs heureux, forgés de nos sens. Rappelez-vous, quand vous étiez enfant, de l’odeur de la tarte aux pommes toute chaude sortie du four de votre mère. Pour vous, sans doute, la tarte aux pommes signifiait amour, sécurité, affection ou joie. Et sans doute également avez-vous déjà acquis ce réflexe d’enfourner, ainsi que le faisait votre mère, une tarte aux pommes pour respirer cette odeur chargée de sens et revivre ces mêmes émotions agréables.

En passant par les sens, on peut donc, si on le désire, revivre une multitude d’émotions agréables reliées à des souvenirs. On peut également en créer d’autres en empruntant les mêmes sentiers.

Non seulement la mémoire forgée par les plaisirs sensoriels est facilement accessible (on peut recréer quasiment à volonté les plaisirs sensoriels raccrochés aux souvenirs), mais elle peut s’avérer un moyen fort peu coûteux pour vivre du bonheur. Écouter le chant d’un oiseau ou contempler un paysage ne coûte rien. Courir dans le parc, marcher sur le quai des gares par un matin de brume ou respirer l’odeur du lilas non plus. 

Contrairement à la mémoire forgée à partir de notre intellect (qui ne se rappelle pas encore parfaitement, même après toutes ces années, le tableau périodique des éléments ou les tables de multiplications ?), ces souvenirs sensoriels sont indélébiles et deviennent une source de réconfort quand la vie nous apparaît plus difficile.

Je nous souhaite donc de commencer chacune des journées qui composeront 2011 avec la ferme résolution d’en tirer le maximum. Surtout, rappelons-nous que chaque moment est unique et ne reviendra jamais. C’est ma mère qui disait ça.

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